La polémique sur le renouvellement du titre de séjour de Xenia Fedorova, chroniqueuse pro-Kremlin employée par les médias du groupe Bolloré, a suscité une mise au point du ministre de l’Intérieur. Laurent Nuñez a affirmé qu’aucune intervention politique n’avait eu lieu dans ce dossier, répondant aux interrogations qui montaient jusqu’au sommet de l’État.
Le document permettant à la propagandiste de résider en France a été prolongé en 2024, alors que Gérald Darmanin occupait le poste de ministre de la Justice. Cette temporalité a alimenté des soupçons de pression, d’autant que Xenia Fedorova est régulièrement critiquée pour ses positions favorables à Moscou et ses interventions sur les antennes de CNews et Europe 1, propriétés de Vincent Bolloré.
Une décision administrative, selon le gouvernement
Lors d’une déclaration publique, Laurent Nuñez a été clair : « Il n’y a eu aucune intervention politique, que ce soit du gouvernement ou de qui que ce soit. » Il a précisé que le renouvellement relevait d’une procédure administrative classique, gérée par les services compétents de la préfecture. « Les règles ont été appliquées comme elles le sont pour tout étranger sollicitant un titre de séjour », a-t-il insisté.
Cette réponse officielle vise à couper court aux accusations selon lesquelles l’exécutif aurait favorisé la chroniqueuse en raison de son réseau ou de son employeur. Aucun élément ne permet d’étayer l’hypothèse d’une ingérence, a souligné le ministre.
Un contexte sensible
Xenia Fedorova, originaire de Russie, est une figure médiatique connue pour ses prises de position alignées sur le Kremlin, notamment dans le cadre du conflit ukrainien. Ses interventions sur les chaînes du groupe Bolloré lui valent d’être régulièrement dénoncée par des militants et des observateurs comme une « propagandiste ». Le renouvellement de son titre de séjour a donc été perçu par certains comme un signal politique.
La question a été posée au plus haut niveau, interpellant directement les membres du gouvernement. Le fait que Gérald Darmanin, alors ministre de la Justice, ait été en fonction au moment de la décision a renforcé les spéculations, même si aucun lien direct n'a été établi.
Réactions et suites
Les oppositions, notamment à gauche, demandent depuis plusieurs jours des éclaircissements sur les conditions exactes de ce renouvellement. Certains élus réclament la communication des pièces administratives ayant conduit à la décision. Pour l’heure, le ministère de l’Intérieur se retranche derrière le secret des procédures individuelles.
Laurent Nuñez a toutefois indiqué que si des irrégularités venaient à être démontrées, une enquête serait ouverte. Aucune investigation n’est en cours à ce stade.
Le dossier Xenia Fedorova illustre les tensions récurrentes autour de la présence en France de personnalités proches du régime russe, dans un contexte de guerre en Ukraine et de défiance accrue envers les ingérences étrangères. Le gouvernement entend montrer qu’il agit dans le cadre de la loi, sans favoritisme.