Le ministre de la Santé et des Services sociaux des États-Unis, Robert F. Kennedy Jr., fait l'objet de vives critiques internes concernant son implication dans la gestion de son administration, selon des informations concordantes. Plus d'une dizaine de personnes ayant travaillé directement avec lui brossent le portrait d'un responsable peu intéressé par les détails opérationnels de son département, concentrant ses efforts sur des dossiers ciblés comme l'alimentation, les pesticides et la recherche de preuves soutenant sa position critique envers les vaccins.
Cette perception a été renforcée après la réponse publique de l'intéressé à un article de presse publié le 7 juin. Dans un long message publié sur les réseaux sociaux, M. Kennedy a vivement contesté les affirmations selon lesquelles il serait désengagé, arguant que son calendrier public démontrait le contraire. Or, plusieurs médias ont souligné qu'aucun calendrier officiel n'était accessible au public et que des demandes d'accès à l'information (FOIA) restaient sans réponse depuis des mois, certaines remontant à septembre 2025.
Des accusations de mise sur liste noire
Dans sa réponse, le secrétaire a explicitement reconnu que son ministère refusait de collaborer avec certains journalistes. Il a écrit : « depuis que nous connaissons tous votre biais prévisible, nous, au HHS, ne souhaitons pas vous parler des sujets importants ». Cette déclaration a été interprétée comme une confirmation d'une pratique de mise sur liste noire des médias jugés hostiles. Contactée, l'administration n'a pas répondu aux demandes de commentaires.
Une gestion contestée
Plusieurs témoignages concordants décrivent un ministre qui manque régulièrement des réunions cruciales avec les responsables d'agence, qui peut sembler « absent » lors des rencontres auxquelles il assiste, et qui a parfois été tenu à l'écart de décisions importantes, comme le licenciement de la responsable de la régulation des médicaments à la FDA. Il s'appuierait sur un petit cercle de conseillers triés sur le volet, en particulier son assistante de longue date Stefanie Spear, dont l'influence serait perçue comme ralentissant les opérations et ayant provoqué plusieurs départs de dirigeants.
Une absence de réaction face à l'épidémie d'Ebola
La gestion de l'épidémie d'Ebola en Afrique illustre, selon des sources proches du dossier, le désengagement du secrétaire. Après une brève réponse en mai (« Oui, nous travaillons dessus »), il n'a plus fait de déclaration publique sur le sujet pendant près de trois semaines, alors que les Centres pour le contrôle et la prévention des maladies (CDC) imposaient des restrictions de voyage. Il aurait reçu très peu de briefings des scientifiques du CDC, bien qu'il s'entretienne quotidiennement avec le directeur par intérim.
Un paradoxe avec la promesse de transparence
Ces révélations contrastent fortement avec les engagements pris par Robert F. Kennedy Jr. à son arrivée au poste en avril 2025, lorsqu'il avait promis une « transparence radicale », affirmant vouloir « restaurer les bureaux FOIA » et « publier autant que possible ». Les faits montrent une réalité différente : les demandes d'accès à l'information restent sans réponse, et la page web permettant de suivre ces demandes a été retirée. Paradoxalement, un responsable de son organisation anti-vaccins, Children's Health Defense, verrait ses propres demandes FOIA traitées favorablement.
Ces éléments, qui émanent de multiples sources concordantes, soulèvent des questions sur la capacité du secrétaire à diriger efficacement un département qui gère la santé de 340 millions d'Américains et fournit des soins à 40 % de la population via Medicare et Medicaid.