Sorana Cirstea a refermé mardi sur le court Philippe-Chatrier ce qui restera sans doute comme le plus beau chapitre de sa carrière tardive. Battue en deux sets secs (0-6, 3-6) par la Russe Mirra Andreeva, la Roumaine de 36 ans n’a pas démérité : elle a simplement cédé face à une adversaire de 18 ans son aînée, portée par un tennis offensif et une précision chirurgicale.
Ce quart de finale est pourtant une victoire en soi. En franchissant ce cap à Roland-Garros, Cirstea égale sa performance de 2009, lorsqu’elle avait découvert ce stade de la compétition à tout juste 19 ans. Dix-sept années séparent ces deux exploits – un écart qui en dit long sur la persévérance de la joueuse, longtemps restée en marge des tout premiers rôles.
Une saison 2026 hors norme
Classée 18e mondiale au moment du tournoi, Cirstea traverse la meilleure saison de sa carrière. Avant Paris, elle avait déjà atteint les demi-finales à Madrid et les huitièmes à Rome, accumulant des victoires de prestige face à des joueuses mieux classées. Son jeu, construit sur une puissance de frappe et une agressivité en fond de court, a gagné en régularité. Les observateurs soulignent une maturité tactique inédite, fruit d’un travail acharné avec son staff.
Un départ annoncé
L’issue du tournoi parisien sonne aussi comme un au revoir. La Roumaine a plusieurs fois évoqué en conférence de presse l’idée de mettre un terme à sa carrière à l’issue de cette saison. Sans confirmation officielle, l’hypothèse d’une retraite prochaine est jugée très probable par son entourage. « Je veux profiter de chaque instant, savourer chaque point », a-t-elle déclaré après sa défaite, sans pour autant fermer la porte à une ultime saison sur le circuit.
Le match face à Andreeva
Sur le central, Mirra Andreeva n’a laissé aucune chance à son aînée. La Russe de 18 ans a déroulé un tennis sans faille, breakant d’entrée et ne concédant que trois jeux en tout. « Sorana est une guerrière. Elle m’a poussée à sortir mon meilleur tennis », a commenté la jeune femme après la rencontre. Le score sévère ne reflète toutefois pas totalement l’intensité des échanges, plusieurs jeux ayant basculé sur des détails.
L’héritage d’une battante
Au-delà de la défaite, le parcours de Cirstea à Roland-Garros 2026 restera comme un symbole de longévité et de résilience. Alors que beaucoup de joueuses raccrochent avant 30 ans, elle a su rebondir après des saisons difficiles, portée par un mental d’acier. Son bilan parisien – un quart de finale – vient s’ajouter à un palmarès qui compte déjà deux titres WTA et une présence régulière dans le top 30.
La suite ? Le circuit féminin perdra bientôt l’une de ses figures les plus attachantes. Mais avant cela, Sorana Cirstea a promis de « tout donner jusqu’au dernier match ». À 36 ans, elle offre une leçon de ténacité à toute une génération.