Un double sacre inédit se profile à Roland-Garros. Pour la première fois depuis 2016, les deux vainqueurs en simple du tournoi parisien seront des joueurs qui n'ont jamais soulevé le trophée. L'élimination de la Polonaise Iga Swiatek, dimanche 31 mai, par l'Ukrainienne Marta Kostyuk en huitièmes de finale a achevé de vider le tableau féminin, comme le tableau masculin, de tout ancien lauréat.
Cette configuration, qui remonte à l'époque des sacres de Novak Djokovic et Garbiñe Muguruza en 2016, marque aussi une première depuis le début de l'ère Open, en 1968 : aucun ancien champion ou championne ne figure en quarts de finale, que ce soit chez les hommes ou chez les femmes. La liste des têtes d'affiche tombées ces derniers jours est longue : le numéro un mondial Jannik Sinner, le Serbe Novak Djokovic (24 titres du Grand Chelem) et la tenante du titre chez les femmes, l'Américaine Coco Gauff, ont tous quitté le tournoi avant la deuxième semaine.
Swiatek, un jubilé gâché sur la terre battue parisienne. La Polonaise de 25 ans, quadruple vainqueur de Roland-Garros (2020, 2022, 2023, 2024) et tête de série numéro trois, a subi la loi de Marta Kostyuk (15e mondiale) en deux sets (7-5, 6-1) sur le court Philippe-Chatrier. Il s'agit de son plus mauvais résultat dans la capitale française depuis sa première participation en 2019, où elle avait également été éliminée à ce stade de la compétition. La joueuse, qui n'a encore remporté aucun titre en 2026, a livré une prestation brouillonne, commettant 39 fautes directes. Interrogée après la rencontre, elle a confié : « Mon corps ne faisait pas ce que je voulais ».
Kostyuk, une invincibilité sur terre battue qui se confirme. Pour l'Ukrainienne de 23 ans, cette victoire constitue un exploit majeur. Elle n'avait jamais remporté un set face à Swiatek lors de leurs trois précédentes confrontations. « Je suis toujours sous le choc. Battre une joueuse aussi incroyable, elle a gagné quatre fois ici (…) je n'avais jamais gagné un set contre elle auparavant, c'est incroyable », a-t-elle réagi à chaud. Kostyuk reste invaincue sur terre battue en 2026, portant sa série de succès à quinze après ses titres aux WTA 250 de Rouen et WTA 1000 de Madrid. « Je ne joue pas au tennis pour gagner, mais parce que j'aime ça. Je veux rendre les gens heureux et unir les gens », a-t-elle ajouté. Elle affrontera en quart de finale sa compatriote Elina Svitolina (7e) ou la Suissesse Belinda Bencic (11e).
Des quarts de finale sans aucun vainqueur passé. Cette situation ouvre la voie à des scénarios totalement inédits. Chez les hommes, seuls Casper Ruud (finaliste en 2022 et 2023) et Alexander Zverev (finaliste en 2024) ont déjà goûté à une finale porte d'Auteuil. Chez les femmes, la Biélorusse Aryna Sabalenka, numéro un mondiale et finaliste l'an dernier, fait figure de favorite, mais elle devra d'abord se défaire de la Japonaise Naomi Osaka en huitième de finale. Une autre joueuse s'est déjà illustrée en se qualifiant pour les quarts : la Roumaine Sorana Cirstea (36 ans, tête de série numéro 18), qui a dominé la Chinoise Wang Xiyu (6-3, 7-6). À l'issue de la rencontre, elle a déclaré : « Je pense parfois que la société nous met dans certaines catégories à cause de l'âge. Mais dans la vie, vous êtes libre de faire ce que vous voulez et je veux jouer. » Elle atteint ainsi les quarts de finale à Paris pour la première fois depuis 2009.
Le tournoi 2026 restera donc comme celui de la rupture : après des années de domination de Swiatek et des ténors, Roland-Garros va sacrer un nouveau nom, et ce dans les deux tableaux.