Un parcours inédit dans l'histoire du tournoi
Maja Chwalinska est devenue la première joueuse issue des qualifications à se hisser en finale de Roland-Garros depuis l'avènement de l'ère Open en 1968. La Polonaise de 24 ans a écarté la Russe Diana Shnaider jeudi en demi-finale, s'imposant 7-6 (4), 6-4 au terme d'un match maîtrisé. Elle rejoint ainsi le palmarès très fermé des qualifiées ayant atteint l'ultime marche d'un Majeur, après la Britannique Emma Raducanu à l'US Open 2021. Désormais, elle tentera de marcher sur les traces de cette dernière en soulevant le trophée samedi sur le court Philippe-Chatrier.
« C'est comme un rêve, honnêtement, je ne sais pas ce qui se passe. Je ne sais pas quoi dire, désolée », a-t-elle lancé, visiblement submergée par l'émotion, lors de l'entretien sur le court après sa victoire. « Laissez-moi profiter de cet instant pour l'instant », a-t-elle ajouté, les mains sur le visage, avant de s'effondrer sur sa chaise, la tête enfouie dans une serviette.
Un jeu atypique et une détermination intacte
Chwalinska n'a perdu qu'un seul set en neuf rencontres depuis le début des qualifications. Dans le tableau final, elle a successivement éliminé quatre joueuses classées parmi les cinquante premières mondiales. Face à Shnaider, elle a su faire la différence dans le tie-break de la première manche grâce à un amortie lobé parfait. Shnaider a pourtant obtenu une balle de set, mais son revers a filé en dehors des limites du court. Dans le second set, la Russe a demandé un temps mort médical après le septième jeu, massant sa jambe gauche allongée sur le dos. Elle a cédé son service au neuvième jeu, offrant à Chwalinska l'opportunité de servir pour le match. Sur sa première balle de match, la Polonaise a décoché un coup droit puissant long de ligne avant de s'écrouler de joie.
« Tout le mérite revient à Maja. Elle a joué de manière incroyable », a reconnu Shnaider après la rencontre. « Elle se déplace formidablement sur le court, elle couvre beaucoup de terrain. Même si tu penses avoir gagné le point, elle est là. »
Sans sponsor, un bond dans le classement et le porte-monnaie
« Je ne suis pas sponsorisée », a sobrement confié Chwalinska, révélant une situation qui contraste avec son ascension fulgurante. Actuellement 114e mondiale, elle est assurée de grimper à la 14e place si elle remporte le tournoi, selon les projections de la WTA. Le gain financier est également considérable : la simple participation à la finale lui assure une prime de 1,4 million d'euros (environ 1,6 million de dollars américains). Une victoire samedi lui rapporterait 2,8 millions d'euros (3,25 millions de dollars). Avant ce tournoi, le total de ses gains en carrière s'élevait à 864 030 dollars.
Une adversaire de taille : Mirra Andreeva
En finale, Chwalinska sera opposée à une autre Russe, Mirra Andreeva, 19 ans. Andreeva a elle aussi atteint sa première finale du Grand Chelem en dominant l'Ukrainienne Marta Kostyuk (6-1, 6-3) plus tôt dans la journée. Andreeva avait déjà atteint les demi-finales porte d'Auteuil il y a deux ans. Pour Chwalinska, il s'agit de sa toute première demi-finale sur le circuit principal de la WTA, toutes surfaces confondues.
Un exploit qui marque l'histoire
Ce parcours exceptionnel de Chwalinska rappelle celui d'Emma Raducanu en 2021, qui reste à ce jour la seule qualifiée à avoir remporté un titre du Grand Chelem dans l'ère Open. La Polonaise a désormais l'occasion d'égaler cet exploit et d'inscrire son nom aux côtés de sa compatriote Iga Swiatek, quadruple lauréate de Roland-Garros. Le tennis polonais pourrait ainsi compter une nouvelle championne sur la terre battue parisienne.