Ce mardi 2 juin, Marta Kostyuk a écrit une page de l’histoire du tennis ukrainien en devenant la première représentante de son pays à atteindre les demi-finales de Roland-Garros. Après avoir battu sa compatriote Elina Svitolina en trois sets (6-3, 2-6, 6-2), la 15e joueuse mondiale a fondu en larmes lors de l’entretien sur le court. Interrogée sur ce que cette victoire représentait pour elle, elle n’a pas pu contenir son émotion.
« Tant de personnes sont décédées », a-t-elle déclaré, la voix brisée, évoquant le conflit qui déchire son pays depuis plus de deux ans. Ce moment de vulnérabilité, immédiatement salué par le public parisien, a mis en lumière le poids psychologique que porte la jeune athlète chaque fois qu’elle entre sur le court.
Ce n’est pas la première fois que Marta Kostyuk relie son parcours sportif à la tragédie ukrainienne. Il y a quelques jours, après un match précédent, elle avait raconté qu’un missile s’était abattu à une centaine de mètres du domicile de ses parents en Ukraine. Ce témoignage avait déjà ému les spectateurs et les observateurs.
Un palmarès impressionnant sur terre battue
Au-delà de l’aspect émotionnel, cette qualification confirme la montée en puissance de la joueuse de 23 ans. Elle enchaîne ainsi une seizième victoire consécutive sur terre battue depuis le début de la saison 2026. Performante dans les tournois préparatoires, elle aborde le dernier carré parisien avec une confiance inédite dans sa carrière.
Son adversaire en demi-finale n’est pas encore connu, mais son nom restera déjà dans les annales : jamais une Ukrainienne n’avait atteint ce stade de la compétition à Roland-Garros. La précédente meilleure performance était justement détenue par Elina Svitolina, éliminée ce mardi.
La guerre omniprésente
Marta Kostyuk a plusieurs fois exprimé son sentiment de culpabilité de jouer au tennis alors que son pays est meurtri par la guerre. « Chaque victoire est douce-amère », confiait-elle récemment. « Je joue pour mon pays, pour montrer que nous sommes toujours debout. » Ses larmes du 2 juin, filmées et largement partagées, symbolisent le dilemme de nombreux sportifs ukrainiens : concilier la fierté d’une performance personnelle avec la réalité tragique vécue par leurs compatriotes.
En atteignant les demi-finales, elle offrira une nouvelle parenthèse d’espoir à l’Ukraine, mais aussi un rappel des souffrances qui persistent. Ses prochains matches seront suivis avec une attention particulière, tant pour la performance sportive que pour les messages qu’elle portera.