La polémique enfle à Roland-Garros. Après sa victoire au premier tour, la tenniswoman ukrainienne Oleksandra Oliynykova a tenu des propos très durs à l'encontre de sa future adversaire, la Russe Diana Schnaider, ainsi que sur la participation des joueuses russes au tournoi parisien. Elle a notamment déclaré que disputer une rencontre face à une athlète russe équivalait à « jouer en Allemagne nazie », une comparaison choc qui a immédiatement suscité de nombreuses réactions.

« Nous devons arrêter d'accepter des Russes qui soutiennent leur dictateur », a-t-elle ajouté, en référence au président russe. Selon elle, les sportifs russes qui continuent de concourir sur la scène internationale cautionnent de fait la politique menée par leur gouvernement. La joueuse a appelé les instances du tennis à durcir leur position à l'égard des athlètes russes et bélarusses, autorisés à participer sous bannière neutre depuis le début du conflit en Ukraine.

Un contexte géopolitique tendu

Depuis l'invasion de l'Ukraine en février 2022, les fédérations sportives internationales ont adopté des positions divergentes. À Roland-Garros, les joueurs russes et bélarusses sont acceptés mais exclus des compétitions par équipe et évoluent sans drapeau ni hymne. Une mesure jugée insuffisante par Kiev et de nombreux sportifs ukrainiens, qui réclament une exclusion totale.

Oliynykova, classée au-delà de la 100e place mondiale, a bénéficié d'une invitation pour entrer dans le tableau principal. Après son premier tour remporté, elle doit affronter au second tour Diana Schnaider, jeune espoir russe. La perspective de ce duel a provoqué la colère de l'Ukrainienne. « C'est comme jouer en Allemagne nazie », a-t-elle lancé, avant d'expliquer que pour elle, le sport ne peut être dissocié de la réalité politique.

Des mots qui divisent

Ces déclarations interviennent dans un climat déjà chargé. Plusieurs joueuses ukrainiennes, dont Elina Svitolina, ont refusé de serrer la main de leurs adversaires russes ou bélarusses depuis le début de la guerre. En 2023, la Fédération internationale de tennis (ITF) avait maintenu l'interdiction des équipes nationales russes et bélarusses, mais avait laissé les joueurs participer aux tournois individuels.

Les propos d'Oliynykova relancent le débat sur la légitimité de cette présence. Certains estiment que les athlètes ne doivent pas être tenus responsables des actions de leur gouvernement, tandis que d'autres soutiennent que le sport doit prendre position face à ce qu'ils considèrent comme une agression militaire. La joueuse ukrainienne ne s'est pas arrêtée là : « Comment peut-on accepter que des sportifs dont le pays bombarde le mien puissent jouer normalement ? », a-t-elle interrogé.

Réactions en demi-teinte

Pour l'instant, ni les organisateurs de Roland-Garros ni les instances dirigeantes n'ont officiellement réagi à ces déclarations. Diana Schnaider, de son côté, ne s'est pas exprimée publiquement sur le sujet. La rencontre entre les deux joueuses est prévue dans les prochains jours et s'annonce particulièrement suivie.

Ce n'est pas la première fois que la guerre en Ukraine provoque des tensions sur les courts de tennis. En 2022, les Ukrainiennes Marta Kostyuk et Lesia Tsurenko avaient également critiqué la décision des tournois du Grand Chelem d'accueillir des Russes. L'ATP et la WTA avaient alors justifié leur position par le principe de non-discrimination des joueurs sur la base de leur nationalité.

En attendant, Oleksandra Oliynykova a prévenu qu'elle ne céderait pas et qu'elle continuerait à dénoncer la situation. « Je joue pour mon pays, pour tous ceux qui souffrent là-bas », a-t-elle conclu.