Un rassemblement d’ampleur a eu lieu samedi à Rome, à l’initiative de plusieurs mouvements de la droite radicale italienne. Les participants ont défilé dans les rues de la capitale en réclamant l’application d’une politique de « remigration », concept désignant le retour forcé des étrangers, y compris ceux installés depuis longtemps, vers leurs pays d’origine.

La manifestation, qui s’est tenue dans un climat tendu, a réuni des militants issus de différentes organisations, toutes unies par un rejet de l’immigration et un discours identitaire. Les organisateurs ont dénoncé ce qu’ils présentent comme un « remplacement ethnique » en cours, thèse régulièrement avancée par les courants d’extrême droite pour justifier des mesures radicales.

Un mot d’ordre qui divise

Le terme de « remigration » s’est invité dans le débat public italien depuis plusieurs mois, porté par des figures politiques qui entendent le transformer en axe majeur de campagne. Samedi, plusieurs orateurs se sont succédé pour réclamer la fin des aides sociales aux immigrés et l’expulsion systématique de ceux qui ne disposent pas d’un titre de séjour régulier. Certains intervenants ont également appelé à revenir sur les accords de Schengen, accusés de favoriser une immigration incontrôlée.

Ce discours, bien que minoritaire dans l’opinion, trouve un écho auprès d’une partie de l’électorat italien, notamment dans les régions du Nord et du centre. La présence de nombreux drapeaux et symboles liés à la mouvance néofasciste a été relevée par les observateurs présents sur place.

Contexte politique et réactions

Ce rassemblement intervient alors que le gouvernement italien, dirigé par une coalition de droite, durcit progressivement sa législation migratoire. Les partis au pouvoir n’ont pas officiellement pris part à l’événement, mais plusieurs responsables locaux de la Ligue ont été aperçus dans le cortège. L’opposition de gauche a condamné la manifestation, y voyant une tentative de normaliser des idées qu’elle qualifie de xénophobes.

La question migratoire reste l’un des sujets les plus clivants en Italie, pays de première arrivée pour de nombreux migrants traversant la Méditerranée. Les dernières statistiques officielles font état d’une hausse des débarquements sur les côtes italiennes, ce que les associations humanitaires attribuent à la déstabilisation de plusieurs pays africains.

Des précédents dans d’autres pays

Le concept de « remigration » n’est pas propre à l’Italie. Il a déjà été au cœur de manifestations similaires en France, en Allemagne et en Pologne ces dernières années. Les spécialistes du radicalisme politique y voient un marqueur idéologique qui distingue l’extrême droite la plus radicale des formations conservatrices classiques.

À Rome, la journée s’est achevée sans incident majeur. Les forces de l’ordre avaient déployé un important dispositif pour encadrer le parcours des manifestants et éviter tout débordement.