Quatre militants propalestiniens membres de l'organisation Palestine Action ont écopé de peines de prison ferme au Royaume-Uni, à l'issue d'un procès devant la cour criminelle de Woolwich. Ils étaient poursuivis pour une action directe commise contre les installations d'une entreprise israélienne spécialisée dans l'armement.
Le magistrat ayant présidé les débats a qualifié leur intervention d'« acte de terrorisme ». Selon la décision rendue, les peines prononcées s'échelonnent de plusieurs années de réclusion criminelle, le plus lourd des verdicts atteignant sept ans d'emprisonnement. Les prévenus, qui comparaissaient libres, ont été placés en détention à l'issue de l'audience.
Une organisation classée comme terroriste
Palestine Action, le groupe auquel appartiennent les condamnés, a été interdit par les autorités britanniques en juillet 2025. Ce collectif militant revendique des actions de désobéissance civile et de sabotage visant des entreprises perçues comme complices de la politique israélienne dans les territoires palestiniens. Depuis son inscription sur la liste des organisations terroristes au Royaume-Uni, toute appartenance ou soutien à ce groupe est passible de poursuites pénales.
L'opération qui a conduit à cette condamnation s'est déroulée dans le cadre d'une campagne ciblant un fabricant de systèmes d'armement israélien implanté sur le sol britannique. Les militants avaient pénétré dans les locaux de la société et causé des dégâts matériels, dans le but de dénoncer, selon eux, la complicité de cette entreprise avec les actions de l'armée israélienne à Gaza.
Des peines lourdes et un débat sur la qualification de terrorisme
Les avocats de la défense ont plaidé que leurs clients agissaient par conviction politique et pour protester contre ce qu'ils estiment être des crimes de guerre. Ils ont contesté la qualification de terrorisme retenue par l'accusation et le juge. Le parquet, de son côté, a souligné que l'action des prévenus relevait bien d'une entreprise violente visant à intimider et à contraindre une entreprise commerciale, répondant ainsi à la définition légale du terrorisme au Royaume-Uni.
Le verdict intervient dans un contexte de tensions accrues autour du conflit israélo-palestinien et de ses répercussions en Europe. Plusieurs mouvements de solidarité avec la cause palestinienne ont vu le jour au Royaume-Uni, dont certains adoptent des méthodes d'action directe. Les autorités britanniques ont durci leur législation antiterroriste ces dernières années, ce qui permet d'englober des actions de ce type sous cette qualification.
Un précédent judiciaire
Cette condamnation constitue une première pour des membres de Palestine Action depuis l'interdiction du groupe. Elle envoie un signal fort aux militants qui pourraient être tentés de s'en prendre à des intérêts économiques liés à Israël. La justice britannique a ainsi rappelé que toute action violente ou destructive, même motivée par des convictions politiques, serait poursuivie avec la plus grande fermeté.
Les quatre condamnés ont annoncé leur intention de faire appel de la décision, estimant que leur procès n'a pas suffisamment pris en compte le contexte du conflit à Gaza et les accusations de violations du droit international pesant sur l'État hébreu. Leurs soutiens dénoncent une criminalisation de la solidarité avec les Palestiniens et appellent à des mobilisations.
L'affaire devrait relancer le débat au Royaume-Uni sur les limites de l'action militante et la définition du terrorisme, alors que des voix s'élèvent pour dénoncer une utilisation excessive de cette qualification dans le cadre de manifestations ou d'actions de désobéissance civile.