Des organisations environnementales et des représentants du secteur de la recharge incitent le gouvernement britannique à ne pas céder aux demandes de l'industrie automobile réclamant un second assouplissement des règles imposant des quotas de vente de véhicules électriques. Cette mise en garde intervient alors qu'une nouvelle étude chiffre l'impact carbone des modifications déjà adoptées l'année dernière.
Un surcroît d'émissions estimé à 17 millions de tonnes
Selon les données analysées, les véhicules circulant sur les routes du Royaume-Uni devraient émettre 17 millions de tonnes supplémentaires de dioxyde de carbone d'ici à 2030, un accroissement imputable pour l'essentiel aux « flexibilités » introduites en 2025 dans le mandat ZEV (Zero Emission Vehicle). Ces assouplissements permettent aux constructeurs de commercialiser davantage de voitures à moteur thermique, en contournant partiellement les contraintes du dispositif.
Le mandat ZEV, instauré en 2023 sous le précédent gouvernement conservateur, visait à contraindre les fabricants à accroître progressivement la part de leurs ventes de modèles électriques, jusqu'à atteindre 80 % en 2030. L'arrivée au pouvoir du Labour a toutefois conduit à un premier affaiblissement du texte, avec l'ajout de ces clauses de flexibilité. Les constructeurs ont répondu en augmentant de 48 % leurs ventes de véhicules hybrides rechargeables (PHEV) cette année, une catégorie qui bénéficie de ces assouplissements.
Des pressions contradictoires sur l'exécutif
Une partie de l'industrie automobile presse désormais les ministres de réviser une seconde fois le mandat ZEV, jugeant les objectifs actuels difficiles à tenir. Ces appels rencontrent une forte opposition de la part des associations de défense de l'environnement et des acteurs du déploiement des bornes de recharge, pour qui tout nouveau recul « saperait la transition » vers l'abandon des moteurs à combustion.
Le débat, qui s'intensifie à l'approche des échéances réglementaires, place le gouvernement face à un dilemme : soutenir une filière automobile en difficulté ou maintenir la trajectoire de décarbonation des transports, secteur parmi les plus émetteurs du pays. Aucune décision officielle n'a été annoncée à ce stade.