Les forces de l’ordre britanniques ont indiqué, samedi 6 juin, que six individus supplémentaires ont été inculpés pour « violences lors d’un rassemblement » en marge d’une manifestation à Southampton. Ces poursuites portent à onze le nombre total de personnes mises en cause dans le cadre des troubles qui ont éclaté après la condamnation de Vickrum Digwa, reconnu coupable du meurtre de l’étudiant Henry Nowak.

Les faits à l’origine du drame

Henry Nowak, 18 ans, a perdu la vie en décembre dans la ville du sud de l’Angleterre. Il a été poignardé à l’aide d’un poignard cérémoniel sikh par Vickrum Digwa, âgé de 23 ans et lui-même de confession sikhe. Immédiatement après l’agression, Digwa a affirmé aux agents qu’il avait été victime d’une agression raciste de la part de Nowak. Sur la base de cette fausse déclaration, les policiers ont initialement menotté et traité l’étudiant comme un suspect, avant de constater sa blessure et de tenter de le réanimer.

Vickrum Digwa a été reconnu coupable de meurtre et condamné cette semaine à la réclusion à perpétuité. L’affaire a néanmoins été récupérée par des militants anti-immigration et des personnalités politiques d’extrême droite, qui y voient la preuve d’un prétendu traitement de faveur de la justice britannique envers les personnes blanches, à l’instar de Nowak.

Des violences malgré l’appel au calme de la famille

Mardi, plusieurs centaines de personnes s’étaient rassemblées à Southampton pour protester. Une partie de la foule a attaqué les forces de l’ordre à l’aide de chaises, de canettes, de pierres et de pyrotechnie. Ces débordements se sont produits alors même que la famille de Henry Nowak avait demandé à ce que l’affaire ne soit pas utilisée « pour semer la division » ni « pour causer des troubles ». Selon les autorités, onze personnes sont désormais poursuivies pour désordres ; certaines d’entre elles ont comparu devant le tribunal de première instance de Southampton samedi matin.

La réaction du gouvernement britannique

Le Premier ministre Keir Starmer a qualifié les violences de rue de « scandaleuses et totalement inacceptables ». Son cabinet a également fermement condamné les propos du vice-président américain JD Vance, qui a imputé la mort de Nowak à la politique migratoire du Royaume-Uni. Dans un communiqué, les services du chef du gouvernement ont dénoncé des « tentatives d’ingérence dans notre démocratie » visant à « attiser les divisions dans nos rues ».