Le gouvernement britannique a déposé mardi au Parlement un nouveau texte législatif visant à renforcer le contrôle des chiens dangereux. La mesure, qui s'applique en Angleterre et au Pays de Galles, interdit de laisser un enfant de moins de douze ans seul avec un chien considéré comme dangereux, à commencer par le XL bully. Les propriétaires qui enfreindraient cette règle s'exposent à des amendes et à la confiscation de leur animal.

Cette initiative fait suite à une série d'attaques particulièrement violentes imputées à cette race, dont deux ont coûté la vie à des enfants l'année dernière. Une fillette de dix ans a succombé à ses blessures après avoir été attaquée par le chien de la famille, un XL bully. Un nourrisson de neuf mois a également été tué par un chien de cette même race. Ces drames ont suscité une vive émotion au sein de l'opinion publique et poussé les autorités à agir.

Le XL bully, un chien de type pitbull américain, se distingue par sa puissance et peut peser jusqu'à 60 kilogrammes. La race est déjà soumise à des restrictions strictes en vertu du « Dangerous Dogs Act » de 1991. Depuis le 1er février 2024, il est devenu un délit pénal de posséder un XL bully sans certificat d'exemption. Le nouveau texte vient donc ajouter une couche supplémentaire de réglementation.

La ministre du Bien-être animal, Sue Hayman, a commenté cette annonce en déclarant : « Aucun enfant ne devrait jamais subir cela ». Elle a souligné la nécessité de cette mesure pour protéger les plus jeunes face à des chiens dont la dangerosité est avérée. Le gouvernement entend ainsi envoyer un signal fort aux propriétaires et responsabiliser davantage les détenteurs de ces animaux.

Le nouveau dispositif législatif prévoit des sanctions dissuasives. En cas de non-respect de l'interdiction, les propriétaires s'exposent à des amendes pouvant être substantielles, ainsi qu'à la saisie de leur chien. Ces dispositions visent à prévenir de nouveaux accidents et à garantir la sécurité des enfants dans leur environnement domestique. Les forces de l'ordre seront chargées de veiller à l'application de cette réglementation.

Un cadre juridique renforcé

Ce nouveau texte s'inscrit dans une volonté plus large des autorités britanniques de lutter contre les attaques de chiens. Le XL bully est au cœur des préoccupations en raison de sa puissance et de la fréquence des incidents qui lui sont attribués. La législation existante, qui encadre déjà strictement la possession de cette race, se voit désormais complétée par une obligation de surveillance des enfants.

Les associations de protection de l'enfance et les défenseurs des droits des animaux ont accueilli cette annonce avec des avis partagés. Si la mesure est saluée pour son objectif de protection des mineurs, certains s'interrogent sur son applicabilité au quotidien et sur la définition précise de ce qui constitue une situation de « laisser seul » un enfant avec un chien. Les autorités devront préciser ces contours pour éviter toute ambiguïté juridique.

Des précédents tragiques

Les deux décès survenus l'année précédente ont agi comme un électrochoc. Le cas de la fillette de dix ans, attaquée par l'animal de la famille, a particulièrement marqué les esprits. De même, la mort du nourrisson de neuf mois, lui aussi victime d'un XL bully, a renforcé la détermination du gouvernement à agir. Ces événements tragiques ont mis en lumière les risques liés à la cohabitation entre de jeunes enfants et des chiens de ce type.

Le gouvernement a donc choisi de répondre par une mesure législative claire et dissuasive. L'interdiction de laisser un enfant de moins de douze ans sans surveillance avec un chien dangereux est présentée comme un moyen efficace de réduire les risques d'accident. Le texte, déposé au Parlement, devra maintenant suivre le processus législatif habituel avant d'entrer en vigueur.

Les prochaines semaines seront décisives pour l'adoption définitive de cette loi. Les débats parlementaires permettront d'affiner les modalités pratiques de son application. En attendant, les propriétaires de XL bullies et autres chiens classés dangereux sont invités à redoubler de vigilance et à se conformer dès à présent à l'esprit de cette future réglementation.