Le fonds de réserve qui assure le versement des prestations de retraite à plus de 60 millions d’Américains pourrait être épuisé d’ici 2032, selon le dernier rapport des administrateurs de la Sécurité sociale, publié mardi. Ce scénario, qui intervient trois mois plus tôt que les prévisions de l’année précédente, contraindrait le gouvernement à réduire automatiquement les pensions mensuelles de 22 % si le Congrès n’adopte pas de mesures correctives d’ici là.

Les causes du déficit

Le rapport pointe plusieurs facteurs aggravant la situation financière du programme. La baisse du taux de natalité et la diminution de l’immigration réduisent le nombre de cotisants par rapport au nombre de bénéficiaires. S’y ajoute l’impact de la réduction d’impôts votée par le Congrès l’année dernière, qui a diminué les recettes affectées à la Sécurité sociale.

Les administrateurs soulignent que sans réforme, le fonds ne pourra plus verser l’intégralité des prestations à partir de cette date. Ils recommandent aux parlementaires d’agir « en temps utile » afin de « mettre en place les changements nécessaires progressivement et de donner aux travailleurs et aux bénéficiaires le temps de s’adapter », selon le texte du rapport.

Les conséquences pour les retraités

Si le Congrès ne légifère pas avant 2032, la loi prévoit une coupe automatique des pensions de 22 %. Cela signifierait qu’un retraité percevant 1 500 dollars par mois ne recevrait plus qu’environ 1 170 dollars. Une telle réduction aurait des répercussions majeures sur le pouvoir d’achat de millions de ménages, dont beaucoup dépendent de cette allocation comme source de revenu principale.

Un horizon qui se rapproche

L’échéance de 2032 constitue un avertissement plus pressant que les estimations antérieures, qui tablaient sur une date légèrement plus tardive. Le rapport des administrateurs de la Sécurité sociale, publié chaque année, sert de base aux discussions budgétaires et aux propositions de réforme. Ce constat intervient dans un contexte politique tendu, où les options de sauvetage – hausse des cotisations, augmentation de l’âge de départ à la retraite, ou réduction des prestations – divisent les forces politiques.

Le débat s’annonce d’autant plus difficile que la précédente réforme d’envergure remonte à plusieurs décennies. Les experts estiment qu’une intervention rapide permettrait de répartir l’effort sur une période plus longue, limitant ainsi l’impact sur les actifs et les retraités.