Les premières manches des élections sénatoriales de septembre 2026 s’ouvrent ce vendredi sur l’ensemble du territoire. Les conseillers municipaux, réunis dans leurs communes respectives, procèdent à la désignation des grands électeurs, ces délégués chargés d’élire les futurs sénateurs au suffrage indirect. Ce scrutin interne, prévu par un décret publié au Journal officiel, constitue un préalable obligatoire avant le vote du 27 septembre, qui renouvellera 178 des 348 sièges du Palais du Luxembourg.

Un collège électoral tiré des collectivités

Le Sénat ayant pour mission constitutionnelle d’assurer la représentation des collectivités territoriales, son mode d’élection repose sur un collège de grands électeurs. Au nombre de 162 000, ceux-ci sont composés à 95 % de conseillers municipaux, auxquels s’ajoutent des conseillers départementaux, régionaux et les parlementaires du département. Cette composition, conforme à l’article 24 de la Constitution, fait des résultats des municipales un déterminant clé de la physionomie future du Sénat.

Deux modes de scrutin selon la taille des départements

La sélection des sénateurs obéit à deux règles distinctes. Dans les départements ne comptant qu’un ou deux représentants à la Haute Assemblée, l’élection se fait au scrutin majoritaire : le candidat doit réunir la majorité absolue des suffrages exprimés et au moins 25 % des inscrits au premier tour, organisé le matin. À défaut, un second tour se tient l’après-midi, où le vainqueur est celui qui obtient le plus de voix. En revanche, pour les départements dotés de trois sénateurs ou plus, le scrutin proportionnel plurinominal s’applique : de 8 h 30 à 17 h 30, chaque électeur choisit une liste, et les sièges sont répartis en fonction des résultats.

Un renouvellement par moitié tous les trois ans

Depuis 2011, les sénateurs exercent un mandat de six ans, la série 1 (170 sièges) et la série 2 (178 sièges) étant alternativement renouvelées tous les trois ans. En septembre 2026, c’est la série 2 qui sera concernée. Les départements du pourtour méditerranéen – Var, Bouches-du-Rhône, Alpes-Maritimes – figurent parmi les principaux scrutins, de même que le Rhône, la Gironde et l’Alsace. En revanche, l’Île-de-France, le Nord et le Pas-de-Calais ne voteront qu’en 2029.

Les enjeux politiques autour de ce scrutin

La composition du collège électoral, très largement issue des conseils municipaux, rend le résultat sensible aux rapports de force issus des dernières élections locales. Le Rassemblement national, qui ne compte aujourd’hui que trois sénateurs, ambitionne de franchir le seuil des dix élus nécessaire pour former un groupe parlementaire. Le parti cible particulièrement le Var, les Bouches-du-Rhône et les Alpes-Maritimes, où il a déjà choisi ses têtes de liste. De son côté, la France insoumise espère faire son entrée à la Haute Assemblée, avec le Rhône en ligne de mire.

Calendrier des candidatures

Les candidats au premier tour des sénatoriales devront déposer leurs dossiers entre le 7 et le 11 septembre, conformément au décret fixant les modalités du scrutin. La campagne officielle s’engagera ensuite jusqu’au vote du 27 septembre.