Un défilé de mode pas comme les autres s’est tenu le 28 mai à Séoul, en Corée du Sud. Des robots humanoïdes ont défilé côte à côte avec des mannequins, portant des tenues amples et assorties. L’événement, orchestré par la société Galaxy Corporation – qui gère notamment la carrière de la superstar G-Dragon, de Taemin (membre du groupe Shinee) et de l’acteur Song Kang-ho – visait à poser une question centrale : « Comment les humains et les robots peuvent-ils coexister ? »

Les quatre humanoïdes présents sur le podium étaient de la taille d’enfants. Selon les informations disponibles, ils ne seraient pas animés par une intelligence artificielle mais télécommandés ou préprogrammés. Ils sembleraient être des modèles fabriqués par la start-up chinoise Unitree, dont le coût est qualifié de « relativement faible ».

Le PDG de Galaxy Corporation, Choi Yong-ho, a déclaré : « Nous avons réalisé que les robots aussi ont besoin de porter des vêtements. De même que chaque être humain est unique, nous pensons que chaque robot devrait également être unique. » Cette déclaration illustre la volonté de l’entreprise de personnaliser les robots, au-delà de leur simple fonction utilitaire.

Une ligne de vêtements en préparation

L’entreprise espère lancer une ligne de vêtements pour robots sous la marque MACH 33 d’ici la fin de l’année 2026. Ce défilé pourrait ainsi constituer une première étape vers une offre commerciale dédiée à l’habillement des androïdes, un marché encore embryonnaire mais qui suit la progression rapide de la robotique humanoïde.

Les projections à long terme sont ambitieuses. La banque Morgan Stanley estime que le monde pourrait compter plus d’un milliard d’humanoïdes d’ici 2050. Un tel développement ouvrirait des perspectives inédites pour l’industrie textile, mais aussi pour la conception de robots toujours plus intégrés à la vie quotidienne.

Un événement qui interroge la place des robots

Au-delà du spectacle, ce défilé témoigne d’une réflexion plus large sur la cohabitation entre humains et machines. En associant des humains et des robots sur un podium, Galaxy Corporation a cherché à illustrer une vision de l’avenir où l’humain et l’artificiel partagent le même espace social et esthétique.

Cette initiative s’inscrit dans une tendance plus large de « physical AI », où l’intelligence artificielle et la robotique ne se limitent plus à des tâches industrielles mais investissent des domaines créatifs et culturels. Le fait que des robots soient désormais habillés et présentés comme des mannequins souligne la volonté de normaliser leur présence dans la société.

Le défilé de Séoul, bien que modeste par son nombre de participants, marque une étape symbolique dans la manière dont les robots sont appréhendés : non plus seulement comme des outils, mais comme des entités avec lesquelles il faudra apprendre à vivre, et peut-être même à s’habiller.