Un retour tant attendu
Pour la première fois depuis 2023, un match féminin a été programmé en session de nuit à Roland-Garros. Lundi soir, sur le court Philippe-Chatrier, la Biélorusse Aryna Sabalenka, tête de série numéro un, s’est imposée face à la Japonaise Naomi Osaka, 16e tête de série, sur le score de 7-5, 6-3, en près d’une heure et demie de jeu. Cette affiche mettait aux prises deux joueuses quadruples lauréates de tournois du Grand Chelem.
Un précédent qui fait date
Ce match constitue la cinquième rencontre féminine programmée en soirée depuis l’instauration des sessions nocturnes uniques en 2021. Jusqu’à lundi, les 32 dernières soirées consécutives avaient été attribuées à des matches masculins. Sur les 60 premières sessions depuis 2021, seules quatre concernaient le tableau féminin. La dernière en date remontait à 2023, quand Sabalenka avait déjà joué sous les projecteurs.
Des échanges de haute intensité
Les deux joueuses ont offert un duel de fond de court marqué par des frappes puissantes et un engagement physique intense. Sabalenka a su élever son niveau dans les moments décisifs, breakant Osaka en fin de première manche avant de prendre rapidement l’ascendant dans la seconde. La Biélorusse a ainsi validé son billet pour les quarts de finale, son 14e de suite dans un tournoi majeur.
Les actrices réagissent
Avant la rencontre, Naomi Osaka avait déclaré ne pas « même associer » Roland-Garros aux matches de nuit, ajoutant qu’elle ignorait si son duel serait retenu pour la session du soir. Elle s’était dite « plutôt facile à vivre » sur les horaires, estimant que le créneau nocturne était réservé aux « matches pop-corn », autrement dit aux affiches spectaculaires.
Après sa victoire, Aryna Sabalenka a estimé qu’il était « vraiment important qu’ils aient mis ce match en session de nuit », soulignant la visibilité ainsi accordée au tennis féminin.
Des critiques récurrentes
L’absence de matches féminins en nocturne avait suscité de vives critiques ces dernières années. L’Américaine Jessica Pegula, cinquième mondiale, avait confié avoir l’impression de « se cogner la tête contre le mur » à force d’aborder le sujet. La Tunisienne Ons Jabeur, finaliste à Wimbledon à deux reprises, s’était demandé si les décideurs « avaient des filles ».
La directrice du tournoi, Amélie Mauresmo, ancienne numéro un mondiale, avait justifié ces choix en expliquant que les matches féminins comportaient le risque de « finir très vite », ce qui pourrait nuire au spectacle pour les spectateurs payant de 60 à 280 euros.
L’intervention de la WTA
Cette saison, la nouvelle directrice générale de la WTA, Valerie Camillo, a rencontré Amélie Mauresmo à Roland-Garros pour échanger sur le sujet. Selon la WTA, l’entretien a été « ouvert et productif ». Camillo a rappelé que les joueuses offraient « la compétition la plus excitante et la plus dynamique du sport mondial » ces derniers mois et années.
Mauresmo a néanmoins maintenu que les sessions nocturnes ne seraient pas étendues à deux matches (comme c’est le cas à l’Open d’Australie et à l’US Open), invoquant la crainte de fins de soirée trop tardives.
Une étape symbolique
La programmation de ce choc Sabalenka-Osaka marque donc une évolution dans la politique de Roland-Garros. Reste à savoir si ce précédent ouvrira la voie à une représentation plus équilibrée des deux tableaux dans les créneaux de grande écoute.