Le second sacre consécutif du Paris Saint-Germain en Ligue des champions, acquis samedi 30 mai face à Arsenal à Budapest, a été marqué par des troubles d'une ampleur inédite. Le ministre de l'Intérieur, Laurent Nuñez, a communiqué un bilan provisoire actualisé en milieu de journée dimanche, faisant état de 780 interpellations sur l'ensemble du territoire national, dont 457 placements en garde à vue. Ce chiffre représente une hausse de 32 % par rapport aux débordements survenus l'année précédente après le premier titre européen du club. Parmi les personnes interpellées, 283 l'ont été dans la seule agglomération parisienne.

Le bilan humain s'est alourdi avec la confirmation d'un décès et de 57 policiers blessés, dont l'un grièvement, selon les informations communiquées par la place Beauvau. Un précédent bilan nocturne faisait état de sept fonctionnaires touchés. Le ministre a qualifié ces débordements d'« absolument inacceptables ». Des scènes de pillage ont été signalées dans plusieurs grandes villes, notamment à Rennes, Strasbourg, Clermont-Ferrand et Grenoble. À Clermont-Ferrand, une centaine de jeunes ont pris pour cible les forces de l'ordre avec des tirs de mortiers et des jets de bouteilles en verre.

Le syndicat Alliance Police dénonce un phénomène récurrent

Le syndicat Alliance Police, premier syndicat de gardiens de la paix, a vivement réagi dimanche, dénonçant des « mêmes scènes qui se répètent match après match ». Dans un communiqué, l'organisation estime que les violences urbaines se reproduisent « année après année » à chaque grande victoire sportive, malgré des dispositifs de sécurité toujours plus conséquents. Elle pointe du doigt l'impuissance des autorités à endiguer ce qu'elle considère comme un phénomène structurel d'incivilités et de dégradations.

Pour le syndicat, les forces de l'ordre se trouvent en première ligne sans disposer de moyens juridiques suffisants pour prévenir ces exactions. Cette prise de position intervient alors que 22 000 policiers et gendarmes avaient été déployés samedi sur l'ensemble du territoire, dont 8 000 à Paris et en petite couronne, dans le cadre d'un dispositif sécuritaire qualifié d'« inédit » par la préfecture de police.

Des dégradations dans les quartiers emblématiques

À Paris, les secteurs du Parc des Princes et des Champs-Élysées ont été les épicentres des tensions. Selon le bilan des autorités, six véhicules et deux commerces (une boulangerie et un restaurant) ont été dégradés dans le 16e arrondissement, près de l'enceinte sportive où la finale était retransmise sur écran géant. Sur l'avenue des Champs-Élysées, entre 4 000 et 5 000 personnes étaient réunies pendant le match avant que des milliers d'autres ne rejoignent les lieux après la victoire. Des projectiles ont été lancés contre les forces de l'ordre, et des magasins ont fait l'objet de pillages, comme en attestent des vidéos circulant sur les réseaux sociaux montrant un commerce Darty Cuisine avenue Wagram.

Le commissariat du 8e arrondissement a également été pris pour cible par des individus qui ont rapidement été dispersés par les effectifs présents. Quatre tentatives de blocage du boulevard périphérique ont été signalées, chacune ayant donné lieu à une intervention rapide des forces de l'ordre pour rétablir la circulation.

Une parade maintenue malgré les tensions

En dépit de ce contexte, les festivités officielles se sont déroulées comme prévu dimanche après-midi. Les joueurs parisiens ont participé à une parade sur le Champ-de-Mars, où entre 85 000 et 100 000 personnes étaient attendues. Un important dispositif de sécurité, mobilisant 5 780 agents, a été déployé pour encadrer ce rassemblement. Les joueurs et le staff du PSG doivent ensuite être reçus au palais de l'Élysée par le président de la République, Emmanuel Macron.

Des élus locaux réclament des mesures fermes

Dans le sillage de ces incidents, plusieurs maires ont annoncé des mesures de rétorsion. À Franconville (Val-d'Oise), le maire Les Républicains Xavier Melki a indiqué sur les réseaux sociaux que sa commune engagerait des procédures d'expulsion pour les locataires de logements sociaux impliqués dans les violences, et qu'elle adresserait la facture des dégradations de mobilier urbain aux auteurs, ainsi qu'à leurs parents s'ils sont mineurs. Il a également déploré la remise en liberté d'un adolescent de 14 ans, interpellé après avoir lancé plusieurs cocktails Molotov sur les forces de l'ordre.

Ces annonces font écho à la position du Rassemblement national, qui s'est insurgé contre les débordements malgré le dispositif policier déployé, tandis que les commerçants et riverains du quartier du Parc des Princes expriment leur lassitude face à ce qu'ils perçoivent comme une incapacité à célébrer sans violence.