Un nouveau bilan provisoire des violences urbaines qui ont émaillé les célébrations de la deuxième victoire consécutive du Paris Saint-Germain en Ligue des champions a été communiqué dans la nuit de samedi à dimanche par le ministre de l'Intérieur. Ce dernier a fait état de 780 interpellations sur l'ensemble du territoire national, un chiffre en nette hausse par rapport aux premières estimations de la soirée. Parmi les personnes arrêtées, 283 l'ont été dans la seule agglomération parisienne. Le ministre a également déploré la blessure de 57 policiers, dont un dans un état grave à Agen, victime d'un traumatisme crânien. Il a par ailleurs confirmé le décès d'une personne, dont les circonstances n'ont pas été précisées.

Des scènes de pillage et de dégradation dans toute la France

Les incidents ne se sont pas limités à la capitale. Des débordements ont été signalés dans une quinzaine de villes, notamment à Rennes, Strasbourg, Clermont-Ferrand ou Grenoble, où des pillages de commerces ont eu lieu. À Clermont-Ferrand, une centaine de jeunes ont pris pour cible les forces de l'ordre à l'aide de tirs de mortiers et de jets de bouteilles en verre. À Paris, les quartiers du Parc des Princes et des Champs-Élysées ont été les épicentres des violences. Selon le bilan provisoire, six véhicules et deux commerces – une boulangerie et un restaurant – ont été dégradés dans le 16e arrondissement. Le commissariat du 8e arrondissement a également été la cible d'individus, qui ont été dispersés. Plusieurs tentatives de blocage du boulevard périphérique ont nécessité l'intervention rapide des forces de l'ordre. "Ces débordements sont absolument inacceptables", a martelé le ministre lors d'un point presse.

Un dispositif de sécurité XXL insuffisant

Pour encadrer cette soirée à haut risque, les autorités avaient pourtant déployé des moyens exceptionnels : 22 000 policiers et gendarmes avaient été mobilisés dans toute la France, dont 8 000 pour Paris et sa proche banlieue. La circulation avait été interdite sur les Champs-Élysées et le parquet de Paris avait renforcé son dispositif avec sept magistrats mobilisés. Malgré cela, des heurts ont éclaté dès la fin du match, opposant le PSG à Arsenal à Budapest. Quelque 150 personnes ont tenté de pénétrer par effraction dans le Parc des Princes, où la rencontre était retransmise sur écran géant. La foule présente sur la plus célèbre avenue du monde a été estimée entre 4 000 et 5 000 personnes pendant le match, puis à plus de 20 000 après la victoire. Des projectiles ont été lancés sur les forces de l'ordre, qui ont riposté avec des gaz lacrymogènes.

Vives réactions politiques

Ces débordements ont suscité de vives réactions dans le monde politique. Le Rassemblement national s'est insurgé contre l'inefficacité du dispositif policier. "On ne gère plus les débordements, on les subit", a déploré la maire du 8e arrondissement de Paris, réclamant à l'avenir un "zéro rassemblement" sur les Champs-Élysées pour ce type d'événement. De nombreux riverains du Parc des Princes ont exprimé leur lassitude, témoignant de leur exaspération face à des scènes de violence qu'ils jugent récurrentes. Les commerçants, qui pour beaucoup s'étaient barricadés par crainte des débordements, déplorent un manque à gagner important. Frank Delvau, président de l'Union des métiers et des industries de l'hôtellerie (UMIH) d'Île-de-France, a déploré "zéro chiffre d'affaires" pour de nombreux restaurateurs et l'absence d'indemnisation.

Les festivités se poursuivent malgré tout

Malgré ce lourd bilan, les célébrations de la deuxième étoile parisienne se sont poursuivies dimanche. Une parade des joueurs était prévue dans l'après-midi au Champ-de-Mars, où 85 000 à 100 000 personnes étaient attendues, avant une réception à l'Élysée. Un nouveau dispositif de sécurité, mobilisant 5 780 forces de l'ordre, avait été mis en place pour encadrer ces festivités.