Safran confirme des pourparlers avancés

L'équipementier aérospatial et de défense Safran a officialisé, vendredi 26 juin, l'ouverture de négociations exclusives avec le groupe familial Gorgé en vue du rachat d'Exail Technologies. Cette entreprise tricolore est reconnue pour ses drones navals, de surface et sous-marins, ainsi que pour ses centrales inertielles utilisées dans les blindés, navires et aéronefs. Les deux sociétés ont précisé dans des communiqués distincts que les discussions pourraient ne pas aboutir.

La valorisation d'Exail Technologies est estimée à 2,2 milliards d'euros, selon des informations concordantes. Cette somme inclurait le rachat préalable du bloc de contrôle détenu par la famille Gorgé, suivi d'une offre publique obligatoire sur le reste du capital. Si l'opération se concrétise, elle marquerait une nouvelle étape dans la stratégie de croissance externe de Safran, déjà actif dans les acquisitions d'Orolia (horloges atomiques), Cilas (lasers) et Preligens (intelligence artificielle militaire).

Exail, une pépite en forte croissance

Fondée il y a plusieurs décennies, Exail Technologies s'est imposée comme un acteur majeur de la robotique et de la navigation de précision. Le groupe emploie 2 200 salariés et a réalisé un chiffre d'affaires de 479 millions d'euros en 2025, en croissance annuelle de 20 à 30 %. Son carnet de commandes atteint 1,1 milliard d'euros, dont 90 % proviennent de clients étrangers.

Parmi ses produits phares figure le drone de surface DriX, un navire autonome utilisé pour la surveillance et la cartographie des fonds marins. Exail conçoit également le drone sous-marin explosif K-Ster, destiné à neutraliser les mines navales. Ces équipements, combinés à ses centrales inertielles haute performance, placent Exail au cœur des enjeux de souveraineté militaire et de sécurité maritime.

Un marché en pleine expansion

Le secteur des drones navals connaît une croissance rapide, portée par l'augmentation des budgets de défense et la multiplication des menaces sous-marines. L'acquisition d'Exail permettrait à Safran de se positionner sur ce segment stratégique, complétant son offre dans l'électronique de défense. Les centrales inertielles, qui permettent aux véhicules de se repérer sans recours au GPS, constituent un autre atout majeur, utilisées dans les sous-marins nucléaires et les Rafale.

Pour le groupe Gorgé, cette cession représenterait un désengagement progressif du capital d'Exail. Dans un contexte où la défense française cherche à consolider ses champions industriels, ce rapprochement pourrait être vu comme une logique de concentration. Toutefois, aucune certitude n'existe sur l'issue des négociations, rappellent les parties prenantes.

Réactions et perspectives

L'annonce a suscité des réactions dans le milieu de la défense. Certains observateurs soulignent la complémentarité technologique entre Safran et Exail, notamment dans les systèmes de navigation et les drones. D'autres s'interrogent sur les implications pour la concurrence, alors que le secteur de la défense française connaît déjà une forte concentration avec des acteurs comme Thales et MBDA.

Pour l'heure, les discussions se poursuivent. Si l'accord est conclu, il pourrait être annoncé dans les jours à venir, selon des sources proches du dossier. Le gouvernement français, actionnaire de Safran, pourrait également donner son avis sur cette opération qui renforce la base industrielle de défense nationale.