L'Angleterre achève samedi la phase de groupes de la Coupe du monde 2026 contre le Panama, une équipe déjà éliminée mais dont les performances récentes méritent l'attention. Qualifiés pour les huitièmes de finale, les hommes de Thomas Tuchel cherchent à s'assurer la première place du Groupe L, tandis que les Panaméens jouent leur honneur après deux défaites. Pourtant, à y regarder de près, la sélection centraméricaine est bien plus redoutable que ne le suggère son compteur de points.

Un bilan trompeur

Avec zéro point et une différence de buts défavorable, le Panama semble promis à une sixième défaite consécutive en Coupe du monde, ce qui égalerait la plus longue série de défaites dans l'histoire du tournoi. Mais les deux rencontres disputées jusqu'ici livrent un tout autre récit. Face au Ghana et à la Croatie, les Panaméens ont affiché des séquences de jeu séduisantes, rivalisant parfois avec leurs adversaires. Le vrai problème a été l'efficacité offensive, fortement compromise par l'absence sur blessure de leur maître à jouer, Adalberto Carrasquilla.

L'architecte du jeu panaméen

Carrasquilla, milieu central du club mexicain UNAM, est sans conteste le joueur le plus influent de la sélection. Récompensé du titre de meilleur joueur de la Concacaf en 2024 et élu meilleur joueur de la Gold Cup 2023, il n'a pas disputé une seule minute dans ce Mondial en raison d'une blessure à la cuisse contractée lors de la finale du championnat mexicain le 24 mai. Sa capacité à dicter le tempo, à se sortir des espaces serrés et à lancer les transitions en fait l'élément central du système panaméen. Les dernières informations indiquent qu'il pourrait être en mesure d'apporter sa contribution face à l'Angleterre, même depuis le banc.

Des tactiques à géométrie variable

Sous la houlette de Thomas Christiansen, ancien entraîneur de Leeds United, le Panama a dévoilé une palette tactique impressionnante. L'équipe adapte son bloc en fonction de la phase de jeu. Lors des sorties de but adverses, elle presse haut dans un 4-4-2 agressif. Dès que l'adversaire progresse, le bloc se resserre en 5-3-2 en milieu de terrain. Contre la Croatie, en seconde période, la défense s'est même repliée en 5-4-1 très bas, rendant la circulation du ballon extrêmement pénible pour les Croates – qui n'ont gagné que 1-0. Cette discipline défensive, couplée à la capacité de changer de structure sans perdre son équilibre, constitue le principal défi pour l'attaque anglaise.

Les hommes à surveiller

Outre Carrasquilla, d'autres joueurs peuvent faire basculer la rencontre. Le milieu Cristian Martínez a été élu homme du match lors de la défaite 1-0 contre la Croatie pour sa vivacité et sa justesse technique. L'attaquant Tomas Rodriguez, soutenu par les ailiers rapides, cherchera à exploiter les espaces laissés par la défense anglaise. La sélection panaméenne est par ailleurs la plus âgée et la plus capée de la compétition, une expérience qui peut se révéler précieuse dans les moments chauds.

Du côté anglais, des changements assumés

Pour briser ce bloc bas, Thomas Tuchel a opéré cinq changements par rapport au match nul contre le Ghana. Jarell Quansah effectue ses débuts en Coupe du monde au poste d'arrière droit, en remplacement de Reece James, blessé. Marcus Rashford remplace Anthony Gordon sur l'aile gauche, Bukayo Saka prend la place de Noni Madueke, et Morgan Rogers celle de Declan Rice. Le but est clair : apporter plus de percussion et de créativité pour déstabiliser une défense qui a fait preuve d'une grande solidité.

Un contexte chargé

La rencontre se jouera au MetLife Stadium (New York New Jersey), sous une pluie battante qui a déjà transformé la pelouse. Dans l'autre match du groupe, la Croatie affronte le Ghana à Philadelphie. Les Ghanéens, déjà qualifiés, pourraient offrir une chance aux Croates de les rejoindre. Pour l'Angleterre, l'objectif est impératif : gagner pour éviter une possible confrontation piégeuse en huitième et envoyer un message fort avant la phase à élimination directe. Le Panama, lui, espère signer une sortie digne et, qui sait, créer l'exploit qui marquerait l'histoire de son football.