De nouvelles alarmes se font entendre au sujet de la guerre qui ravage le Soudan. L'ONU exprime de vives inquiétudes quant à une offensive imminente des Forces de Soutien Rapide (FSR) du général Mohamed Hamdan Daglo, dit « Hemedti », contre la ville d'El-Obeid, capitale de l'État du Kordofan du Nord. Selon les informations des Nations unies, cet assaut pourrait provoquer des massacres de masse d'une ampleur comparable à ceux perpétrés à El-Fasher à l'automne 2025. La cité, assiégée depuis plusieurs mois, se trouverait dans une situation humanitaire déjà extrêmement précaire.
Parallèlement à cette menace militaire, la dimension tragique du conflit pour les populations les plus vulnérables est mise en lumière par l'UNICEF. « Cette guerre au Soudan, c'est aussi une guerre contre les enfants », a déclaré Lucile Grosjean, directrice de la communication de l'UNICEF France, dans un entretien récent. La responsable onusienne pointe l'impact dévastateur du conflit sur les plus jeunes, victimes collatérales d'une violence qui ne cesse de s'intensifier. Les écoles détruites, les familles déplacées et l'effondrement du système de santé exposent des millions d'enfants à la malnutrition, aux maladies et aux traumatismes psychologiques.
Une guerre oubliée aux conséquences désastreuses
Le conflit soudanais, qui oppose les FSR aux forces gouvernementales dirigées par le général Abdel Fattah al-Burhane, est souvent qualifié de « guerre oubliée » en raison d'une couverture médiatique internationale jugée insuffisante. Pourtant, la population civile en paie le prix fort. L'ONU a déjà documenté des violations massives des droits humains, incluant des tirs de drones ayant causé la mort de plus d'un millier de civils ainsi que des violences sexuelles généralisées dans les zones de combats. Ces crimes, bien que dénoncés, continuent d'être perpétrés en toute impunité.
L'attention se tourne désormais vers El-Obeid, où la communauté internationale craint un nouveau chapitre sanglant. La ville, située à environ 350 kilomètres au sud-ouest de Khartoum, constitue un enjeu stratégique majeur pour les belligérants. Sa chute pourrait ouvrir la voie vers le Darfour et accentuer la fragmentation du territoire soudanais. Les organisations humanitaires appellent d'urgence à un cessez-le-feu et à l'ouverture de couloirs pour permettre l'acheminement de l'aide, alors que des millions de personnes sont menacées par la famine.
Des enfants sacrifiés sur l'autel du pouvoir
L'UNICEF insiste sur le caractère systémique des violences contre les enfants. Recrutement forcé dans les groupes armés, viols, exécutions sommaires et déplacements massifs sont le lot quotidien de milliers de jeunes Soudanais. Lucile Grosjean rappelle que la protection de l'enfance doit être une priorité absolue dans toute résolution du conflit, mais que les mécanismes de protection sont aujourd'hui quasi inexistants sur le terrain. Le système éducatif est en grande partie paralysé, privant toute une génération de son avenir.
Alors que les combats s'intensifient autour d'El-Obeid, la crainte d'un nouveau massacre hante les esprits. La communauté internationale, bien que régulièrement saisie de la situation, peine à imposer une trêve durable. Pour l'UNICEF et d'autres agences onusiennes, le temps presse : chaque jour qui passe aggrave les souffrances des civils, en particulier celles des enfants qui paient le plus lourd tribut à cette guerre sans fin.