Naâma Asfari, militant sahraoui emprisonné depuis quinze ans, a entamé le 8 juin une grève de la faim illimitée. Il qualifie cette action de « grève de la dignité ». Selon ses proches, ce geste vise à attirer l'attention sur un conflit qu'il juge oublié.
L'activiste indépendantiste, détenu dans une prison marocaine, a déjà effectué trois sommations de 48 heures avant de passer à une grève illimitée. Sa femme, qui se bat pour sa libération, a témoigné de son état d'esprit et de sa détermination à faire connaître sa cause.
Détention arbitraire et torture dénoncées par l'ONU
Les Nations unies se sont prononcées à plusieurs reprises sur le cas de Naâma Asfari. L'organisation internationale qualifie sa détention d'arbitraire et dénonce l'usage de la torture par les autorités marocaines contre le prisonnier. Ces mises en garde n'ont jusqu'à présent pas abouti à une libération.
Naâma Asfari fait partie du « groupe Gdeim Izik », un ensemble de 18 personnes condamnées dans le cadre d'une même affaire. Les dix-huit prévenus avaient été arrêtés après les événements survenus en 2010 dans le campement de Gdeim Izik, situé au Sahara occidental.
Un conflit de longue durée
Le Sahara occidental est une ancienne colonie espagnole disputée entre le Maroc, qui en contrôle la majeure partie, et le Front Polisario, mouvement indépendantiste soutenu par l'Algérie. Le territoire est considéré par l'ONU comme une « question de décolonisation en suspens ». Depuis le cessez-le-feu de 1991, la communauté internationale n'est pas parvenue à organiser le référendum d'autodétermination prévu.
Naâma Asfari était déjà incarcéré avant même la fin de son procès. Sa détention provisoire a duré plusieurs années avant sa condamnation définitive. Les organisations de défense des droits humains estiment qu'il est un prisonnier politique.
Appels à la libération
Plusieurs voix se sont élevées pour demander la libération de Naâma Asfari et des autres détenus sahraouis. La France, par la voix de certaines associations et personnalités politiques, s'est mobilisée à plusieurs reprises. Sa femme a notamment participé à des manifestations à Perpignan en avril 2025 pour réclamer sa libération.
Les autorités marocaines considèrent quant à elles que les condamnations prononcées relèvent d'une procédure judiciaire régulière. Le royaume chérifien rejette les accusations de torture formulées par l'ONU et les organisations non gouvernementales.
La grève de la faim illimitée de Naâma Asfari intervient dans un contexte de regain de tensions autour du Sahara occidental. Les négociations menées sous l'égide de l'ONU piétinent et la situation humanitaire des populations sahraouies reste précaire, notamment dans les camps de réfugiés de Tindouf, en Algérie.