Alors que la France connaît une vague de chaleur précoce, les épreuves du bac professionnel, organisées les 28 et 29 mai, se sont déroulées dans des conditions météorologiques extrêmes. Dans plusieurs lycées, les thermomètres ont dépassé les 35 °C, provoquant une série d’incidents physiques parmi les candidats : saignements de nez, endormissements, maux de tête, voire des malaises. Des enseignants ont rapporté ces situations, soulignant que les salles d’examen n’étaient pas adaptées à de telles températures.

Au lycée professionnel Pierre-Lescot, dans le Ier arrondissement de Paris, des élèves sont sortis épuisés de l’épreuve d’histoire-géographie. « Au troisième étage, c’était impossible. On n’avait pas de rideau, le soleil tapait dans la fenêtre… Je vais aller voir le proviseur pour demander à changer de salle demain », a témoigné une lycéenne prénommée Sarah. Une autre candidate, Cynthia, a confié : « Moi, j’ai cru que j’allais tomber dans les pommes. » Sur les marches de l’établissement, les élèves s’éventaient avec les rares feuilles de brouillon qui leur restaient.

Des alertes syndicales restées sans effet

Les syndicats enseignants affirment avoir multiplié les mises en garde avant le début des épreuves, dénonçant l’absence de mesures suffisantes pour protéger les candidats. Ils jugent le plan canicule mis en place par les autorités « pas à la hauteur » de la situation. Les chefs d’établissement, contraints de composer avec des locaux souvent vétustes et dépourvus de climatisation, « bricolent » pour organiser les examens, selon des témoignages recueillis.

Des conditions « injustes » pour les candidats

Pour les enseignants, ces conditions posent un problème d’équité entre les élèves. « Elles et ils pointent des conditions d’examen ‘injustes’ », peut-on lire dans un compte rendu de leurs signalements. La chaleur affecte la concentration et les capacités physiques, ce qui peut fausser les résultats d’un examen national. Les personnels éducatifs estiment que l’administration n’a pas pris la mesure des risques, malgré les prévisions météorologiques annoncées plusieurs jours à l’avance.

Des conséquences sur la santé des élèves

Les incidents rapportés ces deux jours sont variés mais tous liés à la chaleur : en plus des saignements de nez et des céphalées, plusieurs élèves ont été victimes d’endormissements involontaires pendant les épreuves, symptôme classique d’un coup de chaleur ou d’une déshydratation. Aucun bilan officiel n’a été communiqué à ce stade sur le nombre exact de malaises ou d’interventions médicales.

La question de l’adaptation des examens aux canicules

Cette séquence relance le débat sur la nécessité d’adapter le calendrier des examens nationaux aux épisodes de forte chaleur, qui deviennent plus fréquents et plus intenses avec le changement climatique. Plusieurs syndicats et associations de personnels éducatifs réclament depuis des années l’installation de systèmes de rafraîchissement dans les locaux scolaires, ou à défaut, le décalage des épreuves aux heures les moins chaudes, voire le report de certaines sessions. Pour l’heure, aucune décision en ce sens n’a été annoncée par le ministère de l’Éducation nationale.