La Ville de Saint-Denis a annoncé son intention de déposer une plainte après la découverte, le jeudi 12 juin 2026, d’une banderole accrochée sur la façade de la basilique cathédrale. Celle-ci portait en lettrage le terme « Remigration », un mot d’ordre fréquemment associé à l’extrême droite et à des thèses identitaires.
Les services municipaux ont constaté les faits en début de matinée et ont aussitôt procédé au retrait de l’inscription. Dans un communiqué, la mairie a qualifié cet acte de « provocation raciste » et d’« instrumentalisation du patrimoine ». Le bâtiment, joyau de l’art gothique, est un lieu emblématique de la ville, mais aussi un espace religieux et touristique fréquenté.
Une plainte pénale en préparation
L’édile de Saint-Denis, Mathieu Hanotin, a indiqué que la plainte serait déposée dans les plus brefs délais pour « apologie de crime contre l’humanité » et « provocation à la haine raciale ». Il a également souligné que cet acte visait à « stigmatiser une partie de la population » et à « diviser les habitants de la ville ». La municipalité entend ainsi utiliser toutes les voies légales pour que les auteurs soient identifiés et poursuivis.
Une réaction politique et citoyenne
Plusieurs élus locaux et associations ont exprimé leur indignation. Le maire a précisé que la banderole ne représentait en rien l’esprit d’accueil et de diversité qui prévaut dans la commune. Il a également appelé les habitants à faire preuve de vigilance et à signaler tout acte similaire.
De leur côté, des responsables de l’opposition municipale ont dénoncé un « acte lâche et odieux » et ont apporté leur soutien à la démarche judiciaire. La préfecture de Seine-Saint-Denis a également été informée et suit le dossier.
Un contexte de multiplication des actions d’extrême droite
Cette action s’inscrit dans une série d’initiatives de groupes radicaux visant à marquer des lieux symboliques. La basilique de Saint-Denis, nécropole des rois de France, avait déjà été ciblée par des tags à caractère politique par le passé. La ville, qui compte une population multiculturelle importante, est régulièrement le théâtre de tensions identitaires.
L’utilisation du terme « Remigration », popularisé par certaines franges de la mouvance identitaire, renvoie à un projet politique qui prône le retour forcé des personnes d’origine étrangère. Ce slogan a été condamné par de nombreuses organisations de défense des droits humains.
Les suites judiciaires
L’enquête a été confiée aux services de police locale. Les enquêteurs cherchent à exploiter les images de vidéosurveillance et les témoignages pour remonter jusqu’aux commanditaires. La plainte de la mairie devrait permettre d’accélérer les investigations.
En attendant, la basilique a retrouvé son aspect normal après l’enlèvement de la banderole. La ville a annoncé qu’elle resterait « mobilisée contre toutes les formes de racisme et de haine ».