Jean-Luc Mélenchon a tenu son premier grand meeting de campagne, le 7 juin 2026 à Saint-Denis, en Seine-Saint-Denis, depuis qu'il a officialisé sa candidature à l'élection présidentielle de 2027. Devant une salle comble, le leader de La France insoumise a déroulé les grandes lignes de son projet, qu'il baptise la « Nouvelle France », et a martelé sa conviction d'incarner le « vote utile » face au Rassemblement national.

Un meeting marqué par la présence de deux prix Nobel de littérature

La soirée a été ponctuée par les interventions de deux figures des lettres françaises : Annie Ernaux, prix Nobel de littérature 2022, et Éric Vuillard, écrivain reconnu. Leur présence sur scène, aux côtés du candidat, a donné une dimension culturelle et intellectuelle à ce rassemblement. Annie Ernaux a prononcé un discours saluant la « force de la parole populaire », tandis qu'Éric Vuillard a appelé à « ne pas laisser la démocratie aux mains de ceux qui la méprisent ». Leur participation avait été annoncée quelques jours plus tôt.

Le candidat se pose en rempart contre l'extrême droite

Dans son discours, Jean-Luc Mélenchon a insisté sur l'urgence de faire barrage au Rassemblement national. « Je suis celui qui peut battre le RN », a-t-il affirmé, estimant que les autres forces politiques ne seraient pas en mesure d'empêcher une victoire de l'extrême droite au second tour. Il a appelé les électeurs de gauche à se rassembler derrière sa candidature dès le premier tour, seul moyen, selon lui, d'éviter une défaite. Le slogan « On est chez nous ! », habituellement utilisé par l'extrême droite, a été repris par la foule, détourné dans un sens progressiste.

Le projet de « Nouvelle France »

Le candidat a développé les contours de son programme, qu'il résume sous le terme de « Nouvelle France ». Il a évoqué une refonte des institutions, une transition écologique accélérée, une hausse des salaires et des retraites, ainsi qu'une politique étrangère indépendante. Il a également promis de « sortir de l'austérité » et de « rendre le pouvoir au peuple ». Aucun chiffrage détaillé n'a été fourni lors de ce meeting.

Une stratégie pour rassembler la gauche

Ce rassemblement intervient dans un contexte où la gauche est encore divisée. Jean-Luc Mélenchon cherche à s'imposer comme le candidat unique de ce camp, en s'adressant à la fois aux militants de La France insoumise, aux écologistes, aux socialistes et aux communistes. Il a tendu la main aux « républicains de gauche » et à ceux qui « ne veulent pas d'un président d'extrême droite ». Reste à savoir si ces appels parviendront à convaincre les autres formations de gauche, qui peinent encore à s'accorder sur une candidature commune.

Les réactions et la suite de la campagne

Les premiers commentaires soulignent la forte mobilisation militante et l'enthousiasme des sympathisants présents. Les prochains rendez-vous de campagne n'ont pas été détaillés, mais le candidat a annoncé une série de déplacements en région dans les semaines à venir. La candidature de Jean-Luc Mélenchon, officialisée depuis peu, pourrait être appelée à se confronter à celles d'autres figures de gauche, si le processus d'unification n'aboutit pas.