Sam Altman, patron d’OpenAI, a fait marche arrière sur ses précédentes mises en garde concernant l’impact de l’intelligence artificielle sur le marché du travail. Désormais, il estime que les scénarios de chômage de masse ne se réaliseront pas, rejoignant ainsi un concert de voix rassurantes émanant des grandes figures de la Silicon Valley. Dans des déclarations récentes, il a reconnu que son intuition antérieure était erronée, la qualifiant lui-même de « à côté de la plaque ».
Ce revirement s’inscrit dans un mouvement plus large observé chez les dirigeants des géants technologiques. Jensen Huang, le PDG de Nvidia, a lui aussi minimisé les risques de suppression massive d’emplois. Selon ces chefs d’entreprise, l’inquiétude du public vis-à-vis de l’IA serait largement exagérée et servirait surtout de prétexte commode aux entreprises procédant à des licenciements dans d’autres secteurs. L’IA deviendrait ainsi un bouc émissaire pratique pour justifier des restructurations.
Ce changement de ton contraste avec les discours alarmistes tenus par les mêmes acteurs quelques mois plus tôt. En 2025, Altman avait lui-même évoqué des perturbations économiques majeures, allant jusqu’à suggérer que certains métiers pourraient disparaître. Aujourd’hui, il admet que ces projections étaient excessives. Les experts du secteur restent toutefois divisés : certains saluent une prise de conscience plus réaliste, tandis que d’autres y voient une tentative de rassurer les investisseurs et les pouvoirs publics face à la montée des régulations.
Les nouvelles déclarations interviennent dans un contexte où plusieurs grandes entreprises technologiques ont annoncé des plans de suppression de postes, souvent en évoquant l’automatisation par l’IA. Mais pour Altman et ses pairs, ces licenciements relèvent davantage de décisions de gestion que d’une conséquence inéluctable du progrès technique. Ils appellent à une analyse plus nuancée des effets de l’IA sur l’emploi, distinguant entre disparition pure et simple de postes et transformation des métiers.
Cette position pourrait influencer les débats politiques en cours, notamment aux États-Unis et en Europe, où les législateurs cherchent à encadrer le déploiement de l’IA. En assurant que les craintes sont infondées, les patrons de la tech tentent peut-être de freiner l’adoption de réglementations restrictives. Il reste à voir si leur nouvelle doxa convaincra l’opinion publique et les décideurs.