Le conseil municipal de Seattle s’apprête à adopter un moratoire d’un an sur la construction de nouveaux centres de données sur son territoire. Cette mesure, dont le vote est prévu dans les prochains jours, constitue un désaveu sans précédent pour les géants de la technologie, alors que les préoccupations liées à la consommation énergétique de l’intelligence artificielle s’amplifient.
Quatre entreprises avaient sollicité l’autorisation de bâtir cinq grands centres de données dans les zones desservies par le service public d’électricité de Seattle. Si ces projets avaient abouti, ils auraient représenté environ un tiers de la demande quotidienne actuelle en électricité de la ville, selon les responsables locaux. Cette perspective a suscité une vive opposition de la part des habitants et de plusieurs groupes.
Des employés d’Amazon témoignent en faveur du gel
Parmi les voix qui se sont élevées pour soutenir le moratoire figurent des employés d’Amazon, l’un des plus grands opérateurs de centres de données au monde. Ils ont témoigné devant le conseil municipal pour réclamer une pause dans l’expansion des infrastructures numériques. Leur intervention a marqué les esprits, car elle émane d’une main-d’œuvre directement liée à l’industrie concernée.
Les témoignages se sont multipliés lors des auditions publiques, où des dizaines de personnes ont plaidé en faveur du gel des constructions. Les arguments avancés portaient sur la pression exercée sur le réseau électrique, l’impact environnemental et la nécessité de mieux encadrer le développement technologique.
Une réponse à la flambée des besoins énergétiques
La décision de Seattle s’inscrit dans un mouvement de contestation plus large aux États-Unis. Plusieurs localités, en particulier dans l’État de Virginie, ont déjà adopté des restrictions similaires face à l’explosion de la demande d’électricité générée par les centres de données. Ces infrastructures, indispensables au fonctionnement des services d’intelligence artificielle et du cloud computing, consomment des quantités d’énergie considérables, ce qui soulève des questions sur la soutenabilité de leur déploiement.
À Seattle, le gel proposé permettrait à la municipalité de réévaluer sa politique d’urbanisme et d’énergie avant de délivrer de nouveaux permis. Les autorités locales entendent ainsi mieux anticiper les répercussions de ces installations sur le réseau électrique et sur l’environnement.
Les géants de la tech sous pression
Amazon et Microsoft, dont le siège social se trouve dans la région de Seattle, sont directement concernés par cette mesure. Les deux entreprises investissent massivement dans l’extension de leurs capacités de traitement de données pour répondre à la demande croissante en intelligence artificielle. Le moratoire représente un obstacle à leurs plans d’expansion dans leur propre ville d’origine.
Le vote du conseil municipal est attendu avec attention, car il pourrait faire jurisprudence pour d’autres grandes villes américaines confrontées aux mêmes défis énergétiques et urbains. Si la mesure est adoptée, Seattle deviendrait la plus grande municipalité des États-Unis à imposer un tel frein aux projets de centres de données.