Belgrade, 28 juin 2026 – Le président serbe Aleksandar Vučić a annoncé son intention de démissionner « dans quelques semaines », une décision qui devrait déclencher des élections présidentielle et législatives anticipées. Il s'est exprimé samedi lors d'un rassemblement pro-gouvernemental à Belgrade, devant ses soutiens.
« Je ne serai président que pour quelques semaines encore, puis je démissionnerai », a-t-il lancé, ajoutant que « c'est probablement la dernière fois » qu'il s'adresse à la foule en tant que chef de l'État. Il a également promis que son parti, le Parti progressiste serbe (SNS), remporterait le scrutin « plus largement que jamais ».
Cette annonce survient alors que le second et dernier mandat constitutionnel de M. Vučić devait expirer à la mi-2027. En quittant la présidence, il pourrait tenter de briguer le poste de Premier ministre, une fonction dotée de pouvoirs exécutifs étendus en Serbie. Aucune date précise n'a été communiquée ni pour sa démission ni pour la tenue du scrutin.
Le chef de l'État fait face depuis plus d'un an à une pression croissante de la rue. Des dizaines de milliers de citoyens, menés par des étudiants, manifestent régulièrement à travers le pays. Le mouvement, initié en novembre 2024 après la catastrophe ferroviaire de Novi Sad qui a fait 16 morts, a dénoncé la corruption et l'inaction du gouvernement. Les protestations ont déjà conduit à la démission du Premier ministre Miloš Vučević en janvier 2025.
La police serbe a procédé à des centaines d'interpellations lors des rassemblements, et l'Union européenne a accusé les forces de l'ordre d'usage excessif de la force et d'arrestations arbitraires. M. Vučić a systématiquement qualifié les contestataires d'« agents étrangers » œuvrant à la division du pays.
Réactions et prochaines étapes
Les étudiants, qui réclament des élections libres depuis des mois, devaient organiser leur propre rassemblement dimanche à Kraljevo, dans le centre de la Serbie. Ils entendent y promouvoir l'unité nationale tout en maintenant la pression sur le pouvoir en place.
L'annonce de la démission imminente de M. Vučić marque un tournant majeur dans la vie politique serbe. Depuis l'arrivée au pouvoir de son parti il y a quatorze ans, il a progressivement renforcé son emprise sur les institutions. En se retirant de la présidence pour se concentrer sur la campagne électorale de son camp, il pourrait tenter de conserver une influence déterminante dans les futurs équilibres politiques.
Les analystes s'interrogent sur la sincérité de ce départ et sur la possibilité qu'il utilise son retrait pour occuper un poste encore plus stratégique, celui de Premier ministre. En cas de victoire du SNS aux législatives, rien n'interdirait à M. Vučić de briguer la direction du gouvernement.
La communauté internationale suit de près l'évolution de la situation dans ce pays des Balkans occidentaux, candidat à l'adhésion à l'Union européenne. Bruxelles a conditionné l'avancement du processus d'intégration à des réformes démocratiques et à la garantie d'élections libres et équitables.