Un retour au sommet après vingt-deux ans d'attente

Sol Campbell, figure emblématique de la dernière équipe d'Arsenal championne d'Angleterre en 2003-2004 (les « Invincibles »), a salué la conquête du titre de Premier League par le club cette saison. « Ils ont un merveilleux groupe de joueurs et un grand entraîneur en Mikel Arteta, mais après être passés si près trois fois d'affilée, j'ai senti que ces gars en avaient besoin », a-t-il déclaré. Le joueur de 51 ans, aujourd'hui retraité, décrit l'attente comme « très lourde », avec une pression accumulée année après année. « C'est pourquoi vous avez vu une telle explosion de joie et de solidarité. C'est incroyable parce que nous avons attendu si longtemps », a-t-il ajouté.

Une finale sous le signe de l'équilibre et de la lucidité

Interrogé sur la finale de la Ligue des champions qui s'annonce, Campbell estime que le Paris Saint-Germain part avec une longueur d'avance. « Le PSG est favori », affirme-t-il, tout en tempérant : « Mais parfois, il faut un peu de chance. » L'ancien international anglais rêve d'un scénario spectaculaire : « Ce serait incroyable si on pouvait obtenir une victoire 3-2. » Un clin d'œil au passé offensif d'Arsenal sous Arsène Wenger, bien que l'équipe actuelle soit réputée pour sa solidité défensive.

Des regrets du passé, une cassure jamais refermée

Campbell revient également sur son départ controversé d'Arsenal en 2005, après le titre de 2004 – un épisode qu'il décrit en creux : « Il y a certaines choses que je ferais différemment, mais c'est la vie. » Il évoque un épisode marquant : un entretien houleux avec l'entraîneur de l'époque, Arsène Wenger, à la suite d'une défaite en finale de Ligue des champions (contre Barcelone en 2006, où Campbell avait pourtant ouvert le score). « Ce jour-là, j'ai juste décidé de partir. J'en avais marre. » Il qualifie cette cassure d'« irréparable », mais assure garder un profond respect pour ce que le club a accompli depuis.

« Tuchel manie la hache » : la guerre des tranchées au PSG

Sans surprise, Campbell surveille de près l'adversaire du soir, le PSG. Il commente avec ironie la méthode de l'entraîneur parisien, Thomas Tuchel, connu pour sa gestion autoritaire : « Tuchel manie la hache. Il n'hésite pas à écarter les joueurs qui ne répondent pas à ses exigences. » Une référence aux tensions récurrentes au sein du vestiaire parisien, où plusieurs stars ont été mises sur la touche ou poussées vers la sortie. « Cela peut être une force ou une faiblesse selon le moment », nuance Campbell. « Mais si les joueurs acceptent le cadre, cela peut créer une dynamique redoutable. »

Un pronostic prudent

Alors que les bookmakers placent Paris en tête des favoris, Campbell refuse de se hasarder à un pronostic tranché. « Le football est plein de surprises. Arsenal a montré cette saison qu'il pouvait gagner des matches importants. Mais Paris a une profondeur d'effectif et une expérience en finale qui comptent. » Il conclut : « Ce sera serré. Un détail fera la différence. Et parfois, la chance est de votre côté. »

Le poids de l'histoire

Pour Campbell, ce match dépasse le simple cadre sportif. « C'est l'aboutissement de vingt ans de reconstruction pour Arsenal. Pour Paris, c'est la confirmation de leur hégémonie en France et une étape vers la reconnaissance européenne. Les deux clubs ont quelque chose à prouver. » L'ancien défenseur, qui a porté les couleurs des deux clubs ? non, il n'a joué qu'à Arsenal, Tottenham, Portsmouth et Newcastle – mais son analyse reste celle d'un observateur avisé du football moderne.