À quelques mois des élections régionales de septembre, une majorité de citoyens allemands anticipe une prise de pouvoir de l'extrême droite dans au moins un Land. L'institut de sondage INSA, mandaté pour le compte du journal dominical Bild am Sonntag, révèle que 69 % des personnes interrogées considèrent cette éventualité comme acquise, dont 28 % qui estiment que l'Alternative pour l'Allemagne (AfD) pourrait diriger plusieurs États fédérés.

En revanche, seuls 16 % des sondés pensent que l'AfD n'obtiendra la tête d'aucun gouvernement régional, tandis que 15 % se déclarent sans opinion.

Les préférences de coalition des électeurs

L'enquête s'est également penchée sur les alliances politiques qui pourraient se former si l'AfD échouait à décrocher une majorité absolue. Quarante pour cent des répondants se prononcent alors pour une coalition entre l'Union chrétienne-démocrate (CDU), classée au centre droit, et le Parti de gauche – une option qui recueille 36 % des suffrages pour une coopération CDU-AfD.

Ce clivage est encore plus marqué chez les électeurs conservateurs : 48 % d'entre eux préféreraient que la CDU s'allie avec la gauche, contre seulement 27 % favorables à une entente avec l'extrême droite.

La question de l'interdiction du parti divise

Le sondage aborde aussi le débat sur une éventuelle interdiction de l'AfD, formation placée sous la surveillance de l'Office fédéral de protection de la constitution en raison de soupçons de tendances extrémistes. Trente-huit pour cent des Allemands se disent favorables à une telle mesure, tandis que 47 % y sont opposés.

Les échéances électorales de septembre

Les trois Länder appelés aux urnes en septembre sont la Saxe-Anhalt, le Mecklembourg-Poméranie-Occidentale et Berlin. L'AfD est déjà la principale force d'opposition au niveau fédéral. Dans ce contexte, le sondage de l'INSA témoigne d'une attente répandue d'un basculement politique régional inédit depuis l'après-guerre.