Un bilan humain alarmant

Les Nations unies ont rendu public un rapport accablant sur la situation au Soudan, où le conflit entre l'armée régulière et les Forces de soutien rapide (FSR) paramilitaires s'intensifie. Selon les données compilées par les enquêteurs onusiens, plus de mille civils ont trouvé la mort en 2026, victimes de frappes menées par des drones armés. Ces engins, utilisés aussi bien par les forces loyalistes que par les FSR, ciblent indifféremment des marchés, des hôpitaux et des zones résidentielles, sans distinction entre combattants et non-combattants.

Des violences sexuelles systématiques

Le document onusien dénonce également une recrudescence des viols et des agressions sexuelles, qualifiés d'« omniprésents » dans les zones de combat et les camps de déplacés. Des témoignages recueillis par les enquêteurs font état de dizaines de victimes, femmes et filles, mais aussi hommes et garçons, violés par des hommes armés des deux camps. Les auteurs utilisent ces violences comme une arme de guerre pour terroriser les populations, les forcer à fuir ou les punir de leur allégeance présumée.

Le siège d'El-Obeid

Parmi les zones les plus touchées, la ville d'El-Obeid, au Kordofan-Nord, est assiégée depuis plusieurs semaines par les paramilitaires. Les habitants, privés d'eau, de nourriture et de soins, disent « ne plus tenir très longtemps ». Des témoins rapportent que les drones survolent la ville en permanence, déclenchant des frappes meurtrières dès qu'un mouvement est détecté dans les rues. Les forces régulières, retranchées dans leurs bases, ne parviennent pas à protéger la population civile, prise en étau entre les bombardements et la famine qui menace.

Un conflit qui s'enlise

Le conflit soudanais, qui a éclaté en avril 2023, a déjà fait des dizaines de milliers de morts et plus de dix millions de déplacés. Les pourparlers de paix, parrainés par plusieurs puissances régionales, n'ont jusqu'à présent abouti à aucune trêve durable. L'ONU alerte sur le risque de « catastrophe humanitaire sans précédent » si la communauté internationale ne parvient pas à contraindre les belligérants à respecter le droit international humanitaire. Le rapport appelle à la mise en place d'un embargo sur les armes et à une enquête internationale sur les crimes de guerre commis, notamment l'usage indiscriminé de drones armés.