L’ancien maire de septième secteur de Marseille, Stéphane Ravier, a officialisé sa candidature aux élections sénatoriales dans les Bouches-du-Rhône. Cette annonce intervient dans un contexte de division à droite, puisque le Rassemblement national (RN) conduit de son côté une liste distincte, créant une concurrence directe entre les deux camps.
Une candidature dissidente
Stéphane Ravier, qui a siégé au palais du Luxembourg de 2014 à 2023, entend reconquérir un mandat qu’il avait perdu lors du précédent scrutin. Il avait alors été devancé par la liste de gauche menée par la socialiste Marie-Arlette Carlotti. Sa nouvelle tentative se fait sous une étiquette personnelle, en dehors de l’investiture de son ancienne formation politique.
Le RN, de son côté, a désigné ses propres candidats pour l’élection prévue en septembre. Cette situation inédite voit deux listes issues de la mouvance nationaliste s’affronter dans le même département, ce qui pourrait disperser les voix et affaiblir leurs chances respectives face aux blocs de droite classique et de gauche.
Un enjeu stratégique pour le département
Les Bouches-du-Rhône constituent un territoire clé pour les sénatoriales. Le collège électoral, composé de grands électeurs – maires, conseillers municipaux, conseillers départementaux et régionaux –, détermine les résultats. Stéphane Ravier mise sur sa connaissance des réseaux locaux et son implantation de longue date pour convaincre. Il a notamment été élu conseiller municipal de Marseille dès 1995.
Le RN, représenté par une candidature officielle, met en avant une dynamique nationale et la volonté de renforcer sa présence parlementaire. Les deux camps devront convaincre les élus locaux, souvent sensibles aux équilibres politiques locaux plutôt qu’aux consignes nationales.
Un précédent récent
Cette opposition entre Stéphane Ravier et le RN fait écho à des tensions antérieures. L’ancien sénateur avait quitté le parti en 2022, après des désaccords avec la direction, tout en siégeant dans le groupe parlementaire LIOT (Libertés, Indépendants, Outre-mer et Territoires). Depuis, il mène une action politique autonome, critiquant parfois les orientations du RN.
Les observateurs locaux notent que la multiplication des listes issues de la mouvance nationaliste pourrait profiter à d’autres formations, notamment la droite républicaine ou l’alliance de gauche. Le scrutin s’annonce serré, avec plusieurs sièges à pourvoir dans un département qui a connu des basculements politiques lors des dernières échéances.
Une campagne à haut risque
Stéphane Ravier devra rassembler les signatures nécessaires auprès des élus pour valider sa candidature. Si le seuil est généralement atteint sans difficulté par un candidat sortant, l’absence d’investiture partisane pourrait compliquer la tâche. Le RN, fort de son appareil, dispose de moyens de campagne plus importants.
Les prochains mois seront décisifs pour tester la capacité de l’ancien sénateur à maintenir une influence électorale face à son ancienne famille politique. Les électeurs des Bouches-du-Rhône, habitués à des scrutins disputés, trancheront en septembre.