Le groupe automobile Stellantis a franchi une étape significative dans le développement de ses technologies de batteries en lançant les premiers essais routiers d'un véhicule électrique équipé d'une batterie à électrolyte solide. Ces tests, qui ont débuté en ce mois de juin 2026, utilisent une version modifiée de la Dodge Charger Daytona, un modèle 100 % électrique également proposé sur le marché européen.

Cette initiative marque un tournant dans la stratégie d'électrification du groupe, né de la fusion entre PSA et Fiat Chrysler Automobiles. La batterie solide est perçue comme une avancée majeure par rapport aux accumulateurs lithium-ion classiques, promettant une densité énergétique supérieure, une meilleure sécurité et des temps de recharge réduits. Stellantis prévoit d'introduire cette technologie dans ses véhicules de série à l'horizon 2028.

Une technologie développée via Factorial Energy

Pour concrétiser cette innovation, Stellantis s'appuie sur le partenariat noué avec la start-up américaine Factorial Energy, spécialisée dans les batteries à électrolyte solide. Cette collaboration a déjà abouti à la livraison de cellules de batteries solides en 2024, lesquelles ont ensuite été intégrées dans des prototypes. La Dodge Charger Daytona utilisée pour les essais routiers reçoit ainsi un pack de batteries « Factorial » adapté à son architecture.

Les ingénieurs du groupe ont dû relever plusieurs défis techniques pour intégrer cette nouvelle génération d'accumulateurs dans un véhicule de série. La batterie solide, bien que plus prometteuse sur le papier, nécessite des ajustements en termes de gestion thermique, de sécurité et d'intégration structurelle. Les essais routiers en conditions réelles permettent de valider la fiabilité et les performances du système avant une éventuelle industrialisation.

Un enjeu de compétitivité pour le groupe

Cette annonce intervient dans un contexte de concurrence accrue sur le marché des batteries de nouvelle génération. De nombreux constructeurs, à l'instar de Toyota, Nissan ou encore Volkswagen, investissent massivement dans la batterie solide, chacun espérant prendre une longueur d'avance. Stellantis, de son côté, mise sur une approche pragmatique en testant la technologie sur un modèle existant, ce qui pourrait faciliter une transition progressive vers une production en série.

La Dodge Charger Daytona, choisie comme véhicule d'essai, est déjà un modèle électrique vendu en Europe. Cela permet à Stellantis de tester la batterie solide dans des conditions variées, sur différents marchés et types de routes. Les données recueillies lors de ces essais seront cruciales pour affiner la technologie avant son déploiement dans d'autres modèles du groupe, notamment ceux des marques Peugeot, Citroën, Opel ou Jeep.

Vers une commercialisation en 2028

Si les essais s'avèrent concluants, Stellantis prévoit de lancer la production en série de véhicules équipés de batteries solides à partir de 2028. Cette échéance, déjà évoquée par le passé, semble se confirmer avec le passage à la phase de tests routiers. Le groupe n'a pas communiqué de chiffres précis concernant l'autonomie ou les performances de cette nouvelle batterie, mais les spécifications techniques devraient être dévoilées progressivement au fil des essais.

L'adoption de la batterie solide représente un enjeu stratégique pour Stellantis, qui cherche à réduire sa dépendance aux matières premières critiques comme le lithium ou le cobalt, tout en améliorant l'efficacité énergétique de ses véhicules. La technologie solide permet également d'envisager des designs de packs plus compacts, libérant de l'espace pour les passagers ou le stockage.

En attendant, le groupe continue de produire des véhicules électriques équipés de batteries lithium-ion classiques, tout en préparant l'avenir. Les essais routiers de la Dodge Charger Daytona à batterie solide constituent une étape concrète vers l'industrialisation d'une technologie longtemps présentée comme révolutionnaire mais encore rare sur les routes.