La deuxième saison de «Sugar», série policière produite par Apple TV, fait son retour avec Colin Farrell dans le rôle de John Sugar, un détective privé évoluant dans un Los Angeles stylisé. Les premières critiques décrivent une œuvre qui s’enfonce dans les codes du néo-noir avec un luxe visuel certain, mais dont l’attrait narratif divise.
Un univers imprégné de références cinéphiles
La série se distingue par son esthétique soignée, où chaque plan semble emprunté aux classiques du genre. L’atmosphère, qualifiée de «labyrinthe luxuriant de film noir», repose sur une photographie léchée et une mise en scène qui multiplie les clins d’œil aux grands maîtres. John Sugar, lui, n’est pas un détective blasé : il affiche une «gentillesse lasse et une naïveté douce» qui le rendent étrangement sociable pour un personnage de polar. Cette originalité, si elle surprend, semble aussi limiter l’intérêt que l’on peut porter à son enquête.
Un héros plus humain, mais moins fascinant
La deuxième saison approfondit le personnage de John Sugar, le rendant «bien plus humain», selon une analyse. Là où la première saison jouait sur les mystères de son passé, cette nouvelle salve d’épisodes le montre davantage vulnérable, en proie à des émotions ordinaires. Pourtant, ce parti pris n’est pas unanimement salué : certains estiment que ce détective «peu intéressant» peine à soutenir l’ensemble du récit. La série semble osciller entre une volonté de renouveler le genre et une fidélité presque pesante à ses codes.
Un accueil critique en demi-teinte
Les retours de la presse anglo-saxonne soulignent le contraste entre la sophistication formelle de la série et la faiblesse de son intrigue. Le terme «luxueux» revient pour qualifier l’emballage, mais le fond est jugé inégal. La performance de Colin Farrell, bien que saluée, est parfois décrite comme la seule vraie raison de s’y intéresser. La deuxième saison confirme ainsi les tendances de la première : une série qui flatte l’œil sans toujours convaincre l’esprit.
Un divertissement pour amateurs de style
Malgré ces réserves, «Sugar» conserve une identité forte. Son univers, ses dialogues ciselés et son héros atypique en font une proposition singulière dans le paysage des séries policières. Ceux qui apprécient les atmosphères épaisses et les hommages appuyés au cinéma des années 1940 y trouveront leur compte. Les autres risquent de rester sur leur faim, attendant un récit à la hauteur de son décor.