La proportion de jeunes adultes parmi les personnes surendettées ne cesse de croître. Selon les dernières données disponibles, les 18-29 ans pèsent aujourd'hui pour 12 % des dossiers de surendettement enregistrés, contre seulement 5 % lors de l'année 2022. Ce quasi-doublement en l'espace de trois ans interroge sur les habitudes financières d'une génération confrontée à des offres de crédit toujours plus accessibles.
Un recours accru aux paiements échelonnés et aux minicrédits
Plusieurs facteurs expliquent cette évolution. La démocratisation des solutions de paiement en trois ou quatre fois sans frais, souvent proposées au moment du passage en caisse sur les sites de commerce en ligne, facilite l'achat immédiat sans évaluation préalable de la solvabilité. Les jeunes y voient un moyen de gérer leur budget, mais ces échéances rapprochées peuvent rapidement déséquilibrer des finances déjà fragiles. À ce dispositif s'ajoutent les minicrédits, ces petits prêts de courte durée accordés sans vérification approfondie, dont l'accumulation mène parfois à une spirale d'endettement.
Un profil financier plus vulnérable
Les 18-29 ans cumulent plusieurs fragilités. Souvent en début de carrière, en intérim, en contrat court ou encore aux études, leurs revenus sont plus irréguliers et plus faibles que ceux des tranches d'âge supérieures. La hausse du coût de la vie, notamment en matière de loyer, d'alimentation et d'énergie, réduit leur capacité d'épargne et les rend plus dépendants du crédit pour faire face aux dépenses imprévues. L'absence de matelas de sécurité les expose davantage au surendettement dès qu'un aléa survient.
Une évolution qui interroge les pratiques des acteurs financiers
Cette augmentation significative de la part des jeunes dans les dossiers de surendettement pose la question de la responsabilité des établissements financiers et des plateformes de vente en ligne. Les associations de consommateurs alertent régulièrement sur le caractère insuffisamment encadré des offres de paiement fractionné, qui contournent souvent les règles classiques du crédit à la consommation. Aucune vérification de la capacité de remboursement n'est exigée au moment de l'achat, contrairement à un prêt bancaire traditionnel.
Un phénomène à surveiller
Si l'endettement des jeunes reste moins lourd que celui des seniors en termes de montants accumulés, la rapidité de la progression est préoccupante. Les commissions de surendettement, qui reçoivent les dossiers, constatent une entrée de plus en plus précoce dans les difficultés financières. Les pouvoirs publics sont appelés à renforcer la régulation des nouveaux modes de paiement afin d'éviter que des millions de jeunes ne basculent dans une situation irréversible. Les prochains chiffres, dans les mois à venir, permettront de mesurer l'ampleur réelle du phénomène et l'efficacité des éventuelles mesures correctives.