Les relations entre la France et l'Italie ont connu un tournant ce jeudi à Antibes. Pour la première fois, un sommet bilatéral réunissait le président de la République et la présidente du Conseil italien sur la Côte d'Azur. Au menu des discussions : un réchauffement diplomatique affiché et une initiative conjointe pour le Liban.
Une glace désormais fondue
Interrogé sur l'état de ses liens avec Giorgia Meloni, le chef de l'État français a ironisé en estimant qu'« il n'y a plus rien de glaciaire ». Une référence directe aux tensions qui ont marqué les premiers mois du mandat de la dirigeante italienne, régulièrement décrite comme distante avec Paris. De son côté, la présidente du Conseil a tenu un discours plus nuancé, affirmant que « nos relations n'ont jamais été glaciales » et qu'elle entretient avec son homologue français « des échanges sérieux ». Cette mise au point semble traduire la volonté des deux capitales de tourner la page d'une période de froideur diplomatique.
Un projet pour l'après-Finul
Au-delà du symbole, les deux dirigeants ont annoncé une ambition commune : mettre sur pied une « coalition multinationale » destinée à succéder à la Force intérimaire des Nations unies au Liban (Finul). L'objectif affiché est de « renforcer la souveraineté du Liban », pays en proie à une instabilité chronique et secoué par la guerre entre Israël et le Hezbollah. Alors que le mandat de la Finul arrive à échéance prochainement, Paris et Rome proposent donc un nouveau cadre militaire et politique, susceptible d'impliquer d'autres nations.
Un contexte bilatéral contrasté
Ce sommet constitue une première rencontre bilatérale de cette ampleur entre les deux pays depuis l'arrivée au pouvoir de Giorgia Meloni en 2022. Les échanges économiques entre la France et l'Italie battent des records, mais les relations politiques ont longtemps été entravées par des différends sur la politique migratoire et les questions de souveraineté. En annonçant une initiative commune pour le Liban, les deux dirigeants semblent vouloir donner une traduction concrète à leur rapprochement, dépassant le simple cadre des déclarations.
Une initiative aux contours ouverts
Les modalités précises de cette coalition n'ont pas été détaillées lors du sommet. Les deux parties n'ont pas fixé de calendrier pour sa mise en œuvre ni communiqué la liste des participants potentiels. Il s'agit d'une proposition franco-italienne qui devra être soumise aux Nations unies et négociée avec les autres membres du Conseil de sécurité. Les deux chefs d'État ont toutefois insisté sur leur détermination à avancer ensemble, voyant dans ce dossier un test de leur capacité à peser sur la scène internationale.