La mise en œuvre du système d’entrée et de sortie (EES) de l’Union européenne suscite de vives inquiétudes à l’approche de la haute saison touristique. La compagnie Ryanair a averti que les aéroports pourraient être confrontés à un « chaos de files d’attente » en raison des contrôles biométriques imposés aux voyageurs non européens. Selon le transporteur, sept plateformes aéroportuaires connaîtraient déjà « d’importantes perturbations ».
Cette alerte intervient alors que la Commission européenne a convié les acteurs du secteur aérien à une réunion d’urgence pour examiner les difficultés rencontrées. L’exécutif européen cherche à trouver des solutions opérationnelles avant l’afflux estival, redouté comme particulièrement tendu.
Des retards déjà constatés
Ryanair a identifié sept aéroports où les nouvelles procédures d’enregistrement des empreintes digitales et des photographies généreraient des engorgements préjudiciables. Le dispositif, qui remplace le tampon manuel sur les passeports, vise à renforcer la sécurité aux frontières extérieures de l’espace Schengen, mais sa mise en place se heurte à des lenteurs et à une infrastructure jugée insuffisante.
La compagnie irlandaise craint que la situation ne s’aggrave avec l’augmentation du trafic prévue en juillet et en août. Elle a exhorté les autorités européennes à prendre des mesures correctives sans délai pour éviter que les voyageurs ne subissent des heures d’attente.
Bruxelles sous pression
Face à ces avertissements, la Commission européenne a décidé d’organiser une rencontre avec les compagnies aériennes, les gestionnaires d’aéroports et d’autres parties prenantes. Cette réunion, qualifiée d’urgente, doit permettre de faire le point sur les dysfonctionnements et d’envisager des ajustements techniques ou procéduraux.
Le système EES a été conçu pour collecter et stocker les données de passage des ressortissants de pays tiers, facilitant ainsi le contrôle automatisé des entrées et sorties. Cependant, sa généralisation s’accompagne de défis logistiques, notamment en termes de déploiement des bornes de contrôle et de formation du personnel.
Un enjeu pour l’été
Les acteurs du transport aérien redoutent que les files d’attente ne découragent les touristes et n’entraînent des pertes économiques importantes. L’été 2026 s’annonce comme un test grandeur nature pour le nouveau dispositif, déployé progressivement depuis plusieurs mois.
Ryanair a appelé les autorités à agir rapidement pour éviter que la situation ne devienne « catastrophique » durant les semaines les plus chargées. La compagnie a également souligné la nécessité de renforcer les effectifs et d’optimiser les processus d’enregistrement.
La Commission européenne n’a pas encore communiqué de date précise pour cette réunion, mais elle a indiqué qu’elle entendait répondre aux préoccupations de l’industrie dans les plus brefs délais.