L'armée de Taïwan a effectué, mercredi, des tirs de roquettes en direction du détroit de Taïwan à partir de lanceurs mobiles HIMARS de conception américaine, démontrant sa capacité à riposter en cas d'offensive de la Chine. Il s'agit de la première fois que ce système, déjà testé auparavant, voit ses projectiles tirés dans les eaux séparant l'île du continent asiatique.

Ces tirs ont eu lieu sur la côte ouest de Taïwan. L'armée a précisé avoir utilisé des roquettes d'exercice à portée réduite, conçues pour retomber dans l'eau à faible distance du rivage. Le sergent Wang Ming-hui, de l'armée de terre taïwanaise, a déclaré que « face à la menace actuelle de l'ennemi », les forces armées poursuivraient leur entraînement au HIMARS « avec une détermination inébranlable pour protéger Taïwan », se présentant comme « la force la plus puissante de la nation ».

Un changement de doctrine militaire

Le HIMARS (High Mobility Artillery Rocket System) est un système de roquettes monté sur un camion, capable d'adopter une tactique dite « tire et esquive ». Après avoir émergé d'une position dissimulée pour tirer ses missiles, il peut rapidement se déplacer vers un nouvel emplacement pour éviter les tirs de représailles. Washington a encouragé Taipei à adopter une approche militaire asymétrique, fondée sur ce type d'équipements, plutôt que de chercher à rivaliser directement avec Pékin par l'acquisition d'armements lourds et coûteux.

Un contexte de tensions accrues

La Chine considère Taïwan comme une province rebelle et affirme qu'elle devra tôt ou tard être réunifiée. Les forces chinoises envoient quasi quotidiennement des navires et des avions patrouiller dans les espaces aériens et maritimes proches de l'île, et ont organisé d'importants exercices militaires dans la région ces dernières années. Les États-Unis, qui ne reconnaissent pas Taïwan comme un État souverain, s'opposent à toute modification de son statut par la force et restent son principal fournisseur d'armement.