La carrière d'Althéa Laurin connaît un coup d'arrêt brutal. Championne olympique de taekwondo dans la catégorie des plus de 67 kg lors des Jeux de Paris en 2024, l'athlète française a été sanctionnée d'une suspension de vingt mois par l'Agence française de lutte contre le dopage (AFLD).
La sanction, qui a débuté le 9 février dernier, date à laquelle la sportive a signé son acceptation de la suspension provisoire, lui interdira toute compétition jusqu'en octobre 2027. Cette décision fait suite à trois « no-shows » – des absences lors de contrôles antidopage inopinés – survenus en l'espace de quelques mois en 2025.
« C'est un moment difficile à vivre. Quand on se retrouve confronté à cette situation, humainement, c'est difficile à accepter. Avoir un arrêt aussi long, ça va forcément impacter ma carrière », a confié Althéa Laurin au micro d'une radio sportive.
La jeune femme précise que cette affaire ne concerne en aucun cas la consommation d'une substance interdite. « Je voudrais rappeler qu'il ne s'agit pas d'une affaire liée à une substance interdite mais à trois manquements aux obligations de localisation sur une période donnée », a-t-elle insisté.
Des circonstances matérielles invoquées
Les faits remontent à l'année suivant son sacre olympique. Le premier défaut de présentation a eu lieu lors d'un entraînement à l'Institut national du sport, de l'expertise et de la performance (INSEP). Prévenue par ses coéquipières de la présence des contrôleurs, Althéa Laurin ne s'est pas rendue à leur rencontre.
Les deux autres incidents seraient liés, selon ses explications, à un interphone défectueux à son domicile, qui n'aurait pas été réparé malgré plusieurs demandes formulées par l'athlète.
Un manque de rigueur reconnu
La championne admet avoir manqué de rigueur dans le respect du dispositif de localisation imposé aux sportifs soumis à la lutte antidopage. « Ce dispositif demande une grande rigueur au quotidien car il faut renseigner en permanence ses disponibilités et ses lieux de présence. Je sortais d'une année olympique particulièrement intense, avec beaucoup de sollicitations. J'ai peut-être fait une reprise trop rapide. Avec le recul, je me dis que je n'ai pas pu consacrer l'énergie nécessaire à ces obligations de localisation. Tout s'est enchaîné très vite autour de moi », a-t-elle expliqué.
Un avenir olympique compromis
Cette suspension longue menace sérieusement ses ambitions pour les Jeux olympiques de Los Angeles en 2028, où elle visait un deuxième titre après être devenue la première médaillée d'or de l'histoire du taekwondo français. Privée de compétition pendant près de deux ans et demi, la combattante devra trouver le moyen de maintenir son niveau en vue d'une échéance qui reste encore lointaine.