Newark, correspondance. Plus de 300 personnes retenues dans le centre de détention de Mulaney Hall, géré par la police de l’immigration américaine (ICE) à Newark (New Jersey), observent une grève de la faim depuis le 22 mai. Les grévistes dénoncent des « traitements inhumains quotidiens », selon des informations fournies par des proches et des organisations de défense des droits, et affirment subir des violences, des intimidations ainsi qu’un usage abusif de gaz poivre.

Cette action collective vise à attirer l’attention sur des conditions carcérales décrites comme déplorables. Les détenus accusent également l’administration pénitentiaire de mettre en œuvre une stratégie de pression psychologique et physique pour les forcer à accepter une procédure de départ volontaire du territoire américain. En signant ce document, les migrants renoncent à leurs recours juridiques et acceptent d’être renvoyés dans leur pays d’origine sans passer par une audience.

Un mouvement de soutien devant les grilles

Jeudi 30 mai, plus d’une centaine de manifestants se sont rassemblés devant l’enceinte du centre, située dans une zone industrielle de Newark. Ils faisaient face à une soixantaine d’agents des forces de l’ordre, postés près d’un véhicule blindé et équipés de matraques, de bombes de gaz poivre et, pour certains, de gants coqués, selon des témoignages recueillis sur place.

Parmi les participants figurait Sara, venue pour la première fois après avoir pris connaissance des témoignages des grévistes transmis par l’intermédiaire de familles ou de militants. Les organisateurs du rassemblement réclament la fin des violences carcérales et l’arrêt des pressions à la signature de départs contraints.

Des témoignages accablants

Des détenus ont pu faire passer des messages à l’extérieur décrivant un quotidien fait d’humiliations et de brutalités. L’un d’eux a confié que « c’est horrible à l’intérieur », évoquant des conditions d’incarcération indignes. Plusieurs signalent que les agents pénitentiaires utilisent régulièrement du gaz poivre dans les couloirs et les cellules, provoquant des crises d’étouffement et des réactions allergiques chez des personnes déjà vulnérables.

Ces pratiques s’inscrivent, selon les plaignants, dans une politique généralisée de l’ICE visant à rendre la détention insupportable afin d’accélérer les expulsions. Les centres de rétention américains font régulièrement l’objet de critiques de la part d’organisations humanitaires, qui dénoncent un système carcéral privatisé où les droits fondamentaux sont bafoués.

Un établissement sous surveillance

Mulaney Hall, qui peut accueillir plusieurs centaines de détenus, est l’un des nombreux centres gérés par l’ICE à travers le pays. Des inspections antérieures menées par des associations avaient déjà relevé des problèmes d’hygiène, de malnutrition et de soins médicaux insuffisants. La grève de la faim en cours est l’une des plus massives jamais observées dans un établissement de ce type dans le New Jersey.

Les autorités de l’ICE n’ont pas encore répondu publiquement aux accusations formulées par les grévistes et leurs soutiens. Aucune enquête indépendante n’a été officiellement annoncée à ce stade.

Ce mouvement de protestation intervient dans un contexte de durcissement de la politique migratoire américaine, où les arrestations et les détentions se sont accrues, alimentant les tensions au sein des communautés immigrées et les mobilisations citoyennes.