La riposte européenne se prépare. Alors que l'ancien président américain Donald Trump a récemment agité la menace d'une taxation à 100 % des importations en provenance des pays qui appliquent une taxe sur les services numériques, l'Union européenne a fait savoir qu'elle ne resterait pas les bras croisés. Dans une mise en garde publique, Bruxelles prévient qu'elle « réagira rapidement » si les États-Unis concrétisent cette mesure.

Une escalade redoutée. La menace de Trump vise directement les États membres de l'UE, plusieurs d'entre eux – dont la France – ayant instauré une fiscalité spécifique sur les revenus des géants technologiques américains (Google, Apple, Facebook, Amazon…). Selon le scénario envisagé, Washington pourrait frapper ces pays avec des droits de douane punitifs de 100 %, ce qui représenterait un coup dur pour les exportations européennes vers les États-Unis.

Des mécanismes de défense déjà en place. L'UE dispose de procédures de réplique commerciale qu'elle a déjà activées par le passé, notamment lors du précédent mandat de Donald Trump. Les responsables européens, sans donner de calendrier précis, insistent sur leur capacité à répondre « de manière proportionnée et rapide » à toute mesure unilatérale américaine. L'objectif affiché est de dissuader Washington de passer à l'acte en démontrant que tout déséquilibre commercial entraînerait une contre-attaque immédiate.

Un précédent historique. En 2019-2020, les États-Unis avaient déjà menacé de surtaxer les produits français (notamment le vin, le fromage et les sacs à main) en représailles à la taxe GAFA française. Après des mois de tensions, un accord au sein de l'OCDE sur une taxation minimale des multinationales avait permis d'apaiser temporairement le conflit. Aujourd'hui, alors que cet accord tarde à être mis en œuvre dans tous les pays, la question refait surface avec une virulence renouvelée.

Des discussions en sourdine. Des échanges diplomatiques ont lieu en coulisses pour tenter de désamorcer la crise avant qu'elle ne dégénère en guerre commerciale ouverte. Les États membres de l'UE et la Commission européenne cherchent une solution négociée, tout en se préparant au pire. « Nous espérons que le bon sens l'emportera, mais nous devons être prêts à défendre nos intérêts », indique une source diplomatique européenne.

Un enjeu économique et politique. Au-delà des aspects commerciaux, cette confrontation met en lumière la difficulté de réguler les grandes plateformes numériques à l'échelle internationale. La taxe sur les services numériques est considérée par plusieurs pays européens comme un moyen légitime de faire contribuer les géants du Web aux finances publiques, tandis que Washington y voit une discrimination ciblée contre ses champions technologiques. Le conflit pourrait également influencer les relations transatlantiques dans d'autres domaines, notamment la défense et la coopération climatique.