Le Commandement central des États-Unis (CENTCOM) a annoncé, vendredi 26 juin, avoir procédé à des frappes aériennes contre des installations iraniennes de stockage de missiles et de drones, ainsi que des sites radar côtiers. Cette opération militaire, qualifiée de « réponse puissante » par l'état-major américain, fait suite à une attaque survenue la veille dans le détroit d'Ormuz, un axe maritime névralgique pour le commerce mondial.

Un drone d'attaque « à sens unique » a frappé le cargo Ever Lovely, un navire marchand immatriculé à Singapour, a rapporté le CENTCOM. L'incident n'a fait aucune victime, mais a provoqué l'évacuation programmée de plus de 11 000 marins qui se trouvaient bloqués dans la région en raison des tensions.

Le président américain Donald Trump, interrogé par des journalistes à la Maison-Blanche, a estimé que cette attaque constituait une violation « insensée » du protocole d'accord signé le 17 juin entre les États-Unis et l'Iran. Ce document en 14 points prévoyait la fin des opérations militaires sur tous les fronts, y compris au Liban, et stipulait que l'Iran devait « faire de son mieux pour assurer le passage sécurisé des navires commerciaux sans frais pendant 60 jours ». Il n'avait toutefois pas valeur de traité définitif, mais était présenté comme une étape préalable à de futures négociations, notamment sur la navigation dans le détroit d'Ormuz.

« L'agression injustifiée contre la navigation commerciale par les forces iraniennes a clairement violé le cessez-le-feu », a déclaré le CENTCOM dans un communiqué. L'instance militaire a également souligné que « le comportement dangereux de l'Iran a entravé la liberté de navigation alors que le commerce transite de plus en plus par ce corridor commercial international vital ». Les frappes ont été signalées près du port iranien de Sirik, sur la côte du golfe d'Oman.

Réactions de la Maison-Blanche

Quelques instants avant l'annonce des frappes, le président Trump, s'exprimant devant la presse, avait refusé de s'engager sur la nature de la réponse américaine. « Vous verrez », a-t-il répondu, avant d'ajouter : « Je n'aime pas le fait qu'ils aient tiré hier. Ils ne devraient pas faire ça. » Interrogé sur les raisons qui auraient pu pousser l'Iran à lancer une telle opération, il a simplement déclaré qu'ils étaient « un peu différents ».

Le CENTCOM a précisé que les forces américaines continueraient d'assurer « la coordination et le soutien pour un passage sécurisé » des navires commerciaux transitant par le détroit d'Ormuz. Aucune réaction officielle n'a été enregistrée du côté iranien dans les heures qui ont suivi les frappes.

Un contexte régional tendu

Depuis le début du conflit entre les États-Unis et Israël contre l'Iran, à la fin du mois de février, Téhéran avait effectivement fermé le détroit d'Ormuz, entraînant une flambée des prix mondiaux du pétrole et perturbant l'acheminement d'autres produits essentiels comme les engrais. La trêve du 17 juin, bien qu'imparfaite, avait permis une accalmie relative. L'attaque sur l'Ever Lovely et la riposte américaine risquent désormais de relancer une escalade militaire dans cette zone stratégique.