Les dirigeants des pays membres du G7 ont adopté un objectif commun visant à ce que la part de la Chine dans leurs approvisionnements en terres rares ne dépasse pas 60 % d'ici à 2030. Cette annonce, intervenue lors du sommet du groupe, traduit une volonté de réduire une dépendance jugée stratégiquement risquée pour des secteurs clés comme la défense, l'électronique ou les énergies renouvelables.

Les terres rares, groupe de dix-sept métaux aux propriétés magnétiques, optiques et catalytiques essentielles, sont aujourd'hui extraites et raffinées à plus de 80 % par la Chine selon les estimations du secteur. Leur contrôle est perçu comme un levier géopolitique majeur, Pékin ayant déjà restreint ses exportations de certains de ces matériaux ces dernières années.

Le seuil de 60 % constitue une première cible chiffrée pour les économies avancées, qui cherchent à diversifier leurs sources d'approvisionnement. Plusieurs projets miniers sont en développement au Canada, en Australie, en Afrique ou encore au Groenland, mais la montée en capacité de production reste lente en raison des coûts élevés et des contraintes environnementales. Par ailleurs, la Chine domine également la chaîne de transformation, un maillon encore plus difficile à contourner à court terme.

La réaction de Pékin ne s'est pas fait attendre. Les autorités chinoises ont condamné cette initiative, qualifiant l'approche du G7 de tentative d'« imposer des règles de petites cliques ». Selon le ministère des Affaires étrangères chinois, une telle démarche porterait atteinte aux principes du libre-échange et de la coopération internationale. Pékin a également laissé entendre que cette décision pourrait entraîner des mesures de rétorsion, sans préciser lesquelles.

Le G7 réunit l'Allemagne, le Canada, les États-Unis, la France, l'Italie, le Japon et le Royaume-Uni. L'Union européenne, également représentée, partage cet objectif de réduction de la dépendance. Bruxelles a déjà présenté un plan d'action sur les matières premières critiques en 2024, mais l'objectif chiffré de 60 % marque une étape supplémentaire dans la coordination des politiques occidentales.

Un enjeu de sécurité économique

La question des terres rares s'inscrit dans un contexte plus large de compétition technologique et militaire entre les grandes puissances. Les aimants permanents au néodyme, par exemple, sont indispensables à la fabrication de moteurs électriques, d'éoliennes ou de systèmes de guidage de missiles. Sans un accès garanti à ces matériaux, les industries de défense et les transitions énergétiques des pays du G7 pourraient être freinées.

Plusieurs analystes estiment que l'objectif de 60 % est ambitieux mais réalisable à condition d'investissements massifs dans l'exploration minière et le raffinage hors de Chine. Les partenariats avec des pays riches en ressources, comme le Vietnam, le Brésil ou l'Inde, pourraient également être renforcés.

Des implications pour les marchés

L'annonce du G7 a déjà eu un impact sur les marchés des matières premières. Les cours de certains métaux rares ont connu des fluctuations notables, tandis que les actions de sociétés minières occidentales spécialisées dans ces matériaux ont été recherchées. Les investisseurs anticipent une hausse de la demande alternative et des tensions commerciales durables.

Pour l'heure, aucun mécanisme précis de contrôle ou de mesure des progrès vers cet objectif n'a été détaillé par le G7. Les discussions se poursuivront lors de prochaines réunions ministérielles, notamment autour de la mise en place d'instruments financiers et réglementaires pour accompagner la diversification.