Thierry Frémaux, délégué général du Festival de Cannes, est revenu sur la polémique née de la tribune signée par des cinéastes appelant à « zapper Bolloré ». Dans un entretien accordé à la presse américaine, il a cherché à apaiser les tensions tout en réaffirmant son attachement à la liberté d'expression.

Le patron du Festival de Cannes a déclaré souhaiter prendre ses distances avec ce qu'il a qualifié de « violence » dans la tribune contestataire, sans pour autant condamner le fond du message. Il a reconnu le droit des signataires de s'opposer au « projet idéologique » de Vincent Bolloré, actionnaire de Canal+.

Une tribune qui divise le monde du cinéma

La tribune, publiée ces derniers jours et intitulée « Zapper Bolloré », avait été signée par plusieurs personnalités du cinéma français, suscitant un vif débat sur l'influence du groupe Bolloré dans les médias. Thierry Frémaux estime que, si la forme employée a pu être excessive, la question de fond – celle de la concentration des médias et de l'orientation éditoriale imposée par certains actionnaires – mérite d'être posée.

Interrogé sur le rôle du Festival de Cannes dans ce débat, le délégué général a rappelé que la manifestation ne prend pas parti dans les querelles politiques ou économiques, mais qu'elle se doit d'être un espace de liberté pour les artistes. Il a affirmé que Cannes ne peut pas ignorer les débats de société qui traversent le monde du cinéma.

Un appel au dialogue

Thierry Frémaux a insisté sur la nécessité de privilégier le dialogue plutôt que l'affrontement. Il a estimé que la polémique actuelle montre à quel point les enjeux médiatiques et culturels sont devenus centraux. « Il faut que le cinéma reste un territoire de création, pas un champ de bataille idéologique », a-t-il notamment déclaré.

Le délégué général a par ailleurs souligné son attachement à l'indépendance du Festival, tout en reconnaissant que les financements et les partenariats avec des groupes comme Canal+ peuvent susciter des interrogations légitimes.

Un contexte tendu

La prise de parole de Thierry Frémaux intervient dans un climat de tensions croissantes autour de la place de Vincent Bolloré dans les médias français. Plusieurs artistes et intellectuels ont exprimé leur inquiétude face à ce qu'ils perçoivent comme une mainmise sur les canaux de diffusion et de production culturelle. Le Festival de Cannes, souvent perçu comme un baromètre des sensibilités du cinéma hexagonal, se trouve ainsi au cœur de cette controverse.

En conclusion, Thierry Frémaux a réaffirmé son souhait de voir le débat se poursuivre de manière constructive, sans tomber dans la polarisation excessive. Il a invité chacun à faire preuve de mesure et de respect mutuel.