Ce fut l'une des premières conséquences tangibles du retour de Donald Trump à la Maison Blanche. Le 20 janvier 2025, en pleine cérémonie d’investiture, l’application CBP One a cessé de fonctionner. Cet outil numérique permettait aux migrants de solliciter une entrée légale sur le territoire américain et d’y déposer une demande d’asile. Sa disparition soudaine a brisé les espoirs de centaines de milliers de personnes.
Tijuana, épicentre du blocage
Aucune ville n’incarne mieux que Tijuana les effets de ce durcissement. Située à la frontière nord du Mexique, cette métropole constituait jusqu’à récemment la voie d’accès privilégiée des migrants mexicains et centraméricains vers les États-Unis. Elle est aujourd’hui devenue une impasse. À ceux qui ont vu leur progression stoppée net s’ajoutent désormais les personnes renvoyées par les autorités américaines, souvent sans aucun statut légal sur le sol mexicain.
Une ville parmi les plus dangereuses du monde
Classée comme l’une des localités les plus violentes de la planète, Tijuana cumule les fragilités. La criminalité y est endémique, alimentée par les cartels de la drogue. L’arrivée massive de migrants en situation irrégulière ou sans ressources accentue la pression sur les infrastructures et les services sociaux, déjà sous tension. Pourtant, malgré ce contexte sécuritaire dégradé, des formes de solidarité émergent pour tenter d’accueillir et d’assister ces populations bloquées.
Un contexte mondial : le Mondial 2026
Paradoxalement, cette même ville accueillera dans les prochains mois l’équipe nationale de football d’Iran, qui doit y installer son camp de base pour la Coupe du monde 2026, coorganisée par les États-Unis, le Canada et le Mexique. Ce choix illustre les contradictions d’un territoire devenu à la fois symbole du rêve américain anéanti et plateforme logistique pour un événement sportif planétaire.
Des migrants livrés à eux-mêmes
Les témoignages recueillis sur place par les envoyés spéciaux dépeignent une situation de grand dénuement. Sans perspective légale pour franchir la frontière et sans sécurité juridique au Mexique, de nombreux migrants errent dans les rues de Tijuana. Les associations et les bénévoles locaux tentent de pallier les carences des pouvoirs publics, mais les moyens manquent. La ville, autrefois étape vers un avenir meilleur, est devenue un terminus pour ceux qui espéraient atteindre les États-Unis.