Le président Donald Trump a officiellement nommé Todd Blanche au poste de procureur général, le soumettant à la confirmation du Sénat. Todd Blanche, qui a été l'avocat personnel de M. Trump en 2023 et 2024, défendant ce dernier dans deux inculpations fédérales et une affaire de paiements dissimulés à New York, occupait déjà les fonctions de procureur général par intérim depuis le limogeage de Pam Bondi en avril. Il avait auparavant servi comme procureur général adjoint.
Un bilan contesté à la tête du ministère de la Justice
Les critiques, notamment au sein de la commission éditoriale du New York Times, estiment que Todd Blanche a déjà gravement nui au ministère de la Justice durant son intérim. Ils lui reprochent d'avoir utilisé les poursuites judiciaires comme une arme partisane. Parmi les actions qui lui sont attribuées figurent des inculpations qualifiées de « nakedly political » (ouvertement politiques), notamment contre James Comey, l'ancien directeur du FBI. Il aurait également contribué à la conception d'un fonds proposé de 1,8 milliard de dollars destiné à indemniser les émeutiers ayant attaqué le Capitole le 6 janvier 2021, ainsi que d'autres partisans de Donald Trump. Ce fonds a suscité une telle opposition qu'il a dû être abandonné sous la pression de certains sénateurs républicains.
Todd Blanche est également accusé d'avoir signé un accord accordant à la famille Trump et à ses entreprises une immunité contre les audits fiscaux, ce qui pourrait faire économiser à M. Trump 100 millions de dollars ou plus. Il aurait également écarté des dizaines d'agents du FBI et de procureurs fédéraux pour avoir accompli leur devoir en enquêtant sur l'émeute du 6 janvier et d'autres crimes potentiels. Enfin, il aurait violé sa propre promesse de se récuser dans des affaires où il avait un conflit d'intérêts.
Un test pour les sénateurs républicains
La nomination de Todd Blanche est perçue comme un test de caractère pour les sénateurs républicains. Plusieurs d'entre eux ont récemment fait preuve d'une certaine indépendance en exigeant l'annulation du fonds de 1,8 milliard de dollars et en forçant M. Trump à remplacer Bill Pulte, le directeur par intérim du renseignement national jugé gravement inqualifié. Ces épisodes ont montré que le Congrès peut encore influencer le comportement présidentiel.
Cependant, la question est de savoir si suffisamment de sénateurs républicains auront le courage de s'opposer à cette nomination. Dans un climat politique plus sain, des dizaines de sénateurs républicains déclareraient immédiatement Todd Blanche inapte à ce poste. Dans le climat politique actuel, la liste de ceux qui pourraient le faire est plus courte, mais potentiellement assez longue pour faire échouer la confirmation.
Un héritage controversé
Avant même sa nomination officielle, Todd Blanche avait déjà propagé des fausses déclarations concernant l'élection présidentielle de 2020. Son passage par intérim a été marqué par une rupture des normes juridiques et une mise au service des intérêts personnels de Donald Trump plutôt que de ceux de la nation. Les critiques soulignent que, même si le président a le droit de choisir un procureur général partageant ses vues politiques, il n'a pas le droit d'attendre du Sénat qu'il confirme un candidat ayant un tel mépris pour la loi.
La nomination de Todd Blanche intervient alors que le ministère de la Justice est déjà profondément fracturé. Les actions de M. Blanche, notamment le limogeage d'agents et de procureurs, ont été perçues comme une purge motivée par la loyauté politique plutôt que par l'intérêt public. La décision du Sénat sur sa confirmation déterminera non seulement l'avenir du ministère de la Justice, mais aussi l'équilibre des pouvoirs entre l'exécutif et le législatif.