Un antagoniste technologique inédit
Le 28 mai 2026, la sortie de « Toy Story 5 » marque un tournant dans la célèbre saga d’animation. Pour la première fois, l’ennemi n’est ni un humain ni un jouet, mais un objet technologique : la tablette Lilypad, conçue comme un appareil en forme de grenouille qui capte toute l’attention des enfants du film. Les personnages emblématiques Woody, Buzz l’Éclair et Jessie se retrouvent ainsi confrontés à un défi inédit : l’indifférence des jeunes, absorbés par leur écran.
L’acteur Tom Hanks, qui prête sa voix à Woody, a décrit ce phénomène comme une source de « terreur dans le cœur ». Il a expliqué que cette intrigue résonne avec l’expérience personnelle des comédiens, qui ont tous « rencontré ce désintérêt » de la part de jeunes « qui baissent les yeux vers leur téléphone, lèvent la tête, baissent les yeux, lèvent la tête ». Selon lui, il s’agit là d’« un truc générationnel, où une génération a cette chose qui la définit technologiquement dans la société, et elle y investit tout ». Hanks a également souligné une image marquante du film : « un plan sur la ville la nuit où l’on voit cette lueur bleue des téléphones dans les chambres, et cela frappe de terreur ».
Un miroir des débats contemporains
Cette thématique s’inscrit dans un contexte plus large de réflexion sur les dangers potentiels d’une exposition excessive aux écrans, en particulier sur les réseaux sociaux. Le long-métrage aborde ainsi un sujet qui touche de nombreux foyers. Tim Allen, qui incarne Buzz l’Éclair, a confié avoir vécu une situation similaire avec sa fille adolescente lors d’une sortie au cinéma. « Les enfants sont tellement habitués aux vidéos de sept secondes sur Instagram », a-t-il regretté, racontant que sa fille avait anticipé l’intrigue du film qu’ils regardaient, jugeant avoir « compris le truc » après quelques minutes. Allen a ajouté que les jeunes peinent à suivre un récit de deux heures, « à part Avatar, qui est une expérience ».
Joan Cusack, qui double Jessie, a estimé que cette problématique allait « résonner » auprès des parents, confrontés quotidiennement à la gestion du temps d’écran de leurs enfants. Pour autant, Tim Allen a nuancé le propos en rappelant que chaque génération a eu ses propres débats technologiques : « Dès que j’ai dit “pose ce téléphone”, je me souviens que mes parents disaient “éteins la musique” », a-t-il ironisé.
Un casting élargi et une bande originale attendue
Outre les voix historiques, le film accueille Greta Lee (vue dans « Past Lives ») pour interpréter Lilypad, la tablette. La bande originale comptera également une nouvelle chanson de Taylor Swift, intitulée « I Knew It, I Knew You ». La chanteuse a déclaré avoir « toujours rêvé d’écrire pour ces personnages que j’adore depuis que j’ai 5 ans et que j’ai regardé le premier film Toy Story ».
Retour sur les origines d’une saga
Les acteurs ont également évoqué la genèse du premier « Toy Story », sorti en 1995. À l’époque, le film était perçu comme un pari risqué : un long-métrage pour enfants, premier entièrement animé par ordinateur, qui suscitait la méfiance. Tim Allen se souvient avoir trouvé « vraiment surprenant » le rendu initial. « Comparé à l’animation traditionnelle, ça semblait bizarre. On se demandait ce qu’on regardait », a-t-il raconté. Mais l’histoire, jugée « très intelligente », a fini par convaincre. Il a révélé que les premières versions étaient trop « caustiques », avec des personnages qui se battaient constamment. Le tournant est venu de l’évolution des protagonistes : « Woody est devenu un peu plus compréhensif, et Buzz un peu, pardonnez le mot, plus bête. Il s’illusionnait, il ne réalisait pas qu’il était un jouet. C’était nouveau. »
Alors que les critiques n’ont pas encore rendu leur verdict sur ce cinquième opus, le film s’annonce comme une œuvre ancrée dans son époque, questionnant le rapport des nouvelles générations à la technologie, sans pour autant diaboliser les écrans, tout en offrant un divertissement pour petits et grands.