L'assemblée générale annuelle de TotalEnergies s'est ouverte ce vendredi à Paris dans un contexte particulièrement tendu. Le groupe a mis en place un dispositif de sécurité renforcé pour encadrer la réunion de ses actionnaires, qui se tient en pleine polémique sur les « superprofits » engrangés par l'entreprise.

Des appels à manifester ont été lancés par plusieurs organisations, tandis que des rapports critiques et des actions en justice visent le géant des hydrocarbures. Les opposants dénoncent notamment la politique climatique de l'entreprise et ses bénéfices exceptionnels réalisés dans un contexte de hausse des prix de l'énergie.

Interrogé sur le déroulement de l'événement, le groupe a indiqué espérer que cette assemblée générale, « un moment important pour la vie d'une entreprise et pour ses actionnaires », se déroule « dans les meilleures conditions pour les actionnaires ». TotalEnergies n'a pas fait d'autre commentaire sur les mesures de sécurité spécifiques mises en œuvre.

Des actionnaires sous pression

L'assemblée générale intervient alors que la question de la taxation des superprofits des entreprises énergétiques agite le débat public. Plusieurs rapports ont pointé les profits records de TotalEnergies, alimentant les critiques de la part d'associations environnementales et de syndicats. Des actions en justice ont également été intentées contre le groupe, sans que leur contenu précis n'ait été détaillé par les protagonistes.

La direction de l'entreprise doit répondre aux questions des actionnaires sur sa stratégie, notamment sur ses investissements dans les énergies fossiles et sur sa transition énergétique. Les résolutions soumises au vote pourraient donner lieu à des débats houleux, plusieurs actionnaires minoritaires et fonds d'investissement ayant déposé des résolutions climatiques.

Un dispositif de sécurité inhabituel

La tenue de l'assemblée générale sous haute sécurité témoigne des craintes de perturbations. Les forces de l'ordre ont été mobilisées pour sécuriser les abords du lieu de la réunion, tandis que des militants écologistes ont promis des actions de protestation. Le groupe n'a pas communiqué sur le nombre de personnes affectées à ce dispositif.

Cette situation rappelle les précédentes assemblées générales d'entreprises du secteur énergétique, souvent ciblées par des mouvements de contestation. TotalEnergies, comme ses concurrents, fait face à une pression croissante de la société civile sur ses activités et son empreinte carbone.

L'issue de cette assemblée générale sera scrutée de près, tant par les observateurs du monde des affaires que par les militants écologistes, dans un climat où la question de la justice fiscale et de la transition énergétique reste au cœur des préoccupations.