Le secteur aérien s'apprête à connaître une expansion considérable au cours des deux prochaines décennies. Selon les projections actualisées d'Airbus, le trafic mondial de passagers devrait plus que doubler d'ici 2045, pour atteindre environ 10 milliards de voyageurs par an. Cette dynamique s'accompagnerait d'un besoin massif de renouvellement et d'extension des flottes, estimé à 42 000 nouveaux appareils commandés sur la même période.
Une demande tirée par les classes moyennes émergentes
Les prévisions de l'avionneur s'appuient sur la progression continue du pouvoir d'achat dans les régions en développement, en particulier en Asie, en Afrique et en Amérique latine. La hausse du nombre de foyers accédant à la classe moyenne entraîne une augmentation de la mobilité, tant pour les voyages d'affaires que pour le tourisme. Airbus souligne que cette tendance structurelle demeure solide, malgré les chocs récents — pandémie, crise énergétique, tensions géopolitiques — qui avaient temporairement freiné la reprise.
42 000 appareils : un carnet de commandes colossal
Pour faire face à cette croissance, les compagnies aériennes devront commander environ 42 000 avions neufs d'ici 2045. Ce chiffre inclut à la fois des appareils destinés à remplacer les flottes vieillissantes — plus économes en carburant et moins polluants — et des unités supplémentaires pour absorber l'augmentation du trafic. Une part significative de ces commandes concernerait des monocouloirs, les plus prisés sur les liaisons régionales et moyen-courriers, qui devraient représenter la majorité des livraisons.
Des défis environnementaux à relever
L'essor prévu du transport aérien pose avec acuité la question de son empreinte carbone. Airbus mise sur l'innovation technologique pour concilier croissance et respect des objectifs climatiques : développement d'avions à hydrogène, amélioration continue des performances des réacteurs traditionnels, utilisation croissante de carburants durables. Le constructeur table sur une réduction significative des émissions par passager-kilomètre, même si le volume total de CO₂ pourrait continuer d'augmenter en l'absence de ruptures technologiques majeures.
Un marché dominé par un duopole
Ces perspectives confortent la position des deux grands constructeurs mondiaux, Airbus et Boeing, qui se partagent l'essentiel du marché des avions de plus de 100 places. La bataille commerciale entre l'européen et l'américain devrait s'intensifier, chacun cherchant à capter une part des 42 000 commandes à venir. Les chaînes d'approvisionnement, mises à rude épreuve ces dernières années, devront également monter en cadence pour répondre à une demande aussi soutenue.
Un optimisme mesuré
Si les prévisions d'Airbus témoignent d'une confiance dans la résilience du secteur, plusieurs incertitudes demeurent : évolution du prix du pétrole, réglementations environnementales plus contraignantes, capacité des aéroports à absorber la croissance, ou encore risques sanitaires. Néanmoins, l'avionneur considère que les fondamentaux de la demande restent extrêmement solides, portés par une aspiration mondiale croissante à la mobilité.