Déroulement de l'incident
Le 4 juin 2026, un Boeing 787-9 de la compagnie allemande Lufthansa, immatriculé D-ABPQ, s'est affaissé sur son avant alors qu'il était stationné au terminal de l'aéroport de Francfort, en Allemagne. L'appareil, qui devait assurer la liaison LH-450 à destination de Los Angeles (États-Unis), se préparait à accueillir les passagers. Selon le transporteur, aucun voyageur n'était encore monté à bord au moment du sinistre. Plusieurs membres du personnel d'équipage ont été blessés dans l'accident.
Les premières constatations indiquent que toutes les trappes du train d'atterrissage se sont ouvertes, puis que la jambe du train avant s'est rétractée. L'avion a alors basculé violemment vers l'avant. Les images diffusées sur les réseaux sociaux et reprises par les observateurs montrent l'appareil reposant sur son nez.
Une piste technique évoquée par des spécialistes
Dans les heures qui ont suivi l'incident, plusieurs commentaires de professionnels de l'aéronautique ont été publiés sur des forums spécialisés. Un commandant de bord qualifié sur Boeing 787 avance une hypothèse technique précise. Selon lui, il est possible que la goupille de verrouillage du train avant ait été insérée par erreur dans un orifice de la biellette d'articulation de la tringlerie de verrouillage, plutôt que dans le trou prévu à cet effet. Cette erreur de procédure, détaillée par ce pilote, pourrait avoir supprimé la fonction de sécurité empêchant la rétraction intempestive du train.
Le même spécialiste rappelle que des opérations de maintenance étaient susceptibles d'avoir eu lieu peu avant le vol. Il cite notamment un message technique enregistré la veille au soir, signalant un défaut sur la valve de fermeture normale de la trappe du train principal gauche. Une équipe technique aurait été dépêchée pour y remédier. Or, pour vérifier le bon fonctionnement des trappes après maintenance, le levier de commande du train d'atterrissage doit être actionné en position « sortie » puis « rentrée » au sol. Pour éviter un effondrement, les goupilles de verrouillage du train avant doivent impérativement être en place. Si la goupille a été mal positionnée, la rétraction aurait pu se produire dès la mise sous pression hydraulique du circuit.
Un précédent connu et une mesure de correction
Un autre contributeur, s'appuyant sur le rapport final d'un incident similaire survenu en 2022 impliquant un appareil de British Airways, rappelle qu'une directive de navigabilité (AD) avait été émise à la suite de cet épisode. Cette directive imposait l'installation d'un insert dans un orifice de la tringlerie, afin d'empêcher physiquement l'insertion de la goupille de verrouillage dans un mauvais logement. Selon ce commentateur, l'avion de Lufthansa, construit après l'entrée en vigueur de cette directive, aurait dû être équipé de cet insert en usine.
Si cette mesure a bien été appliquée, l'hypothèse de la « goupille dans le mauvais trou » deviendrait moins probable. Cela n'exclut pas pour autant d'autres causes possibles, telles qu'une omission totale de la goupille de verrouillage ou un défaut mécanique. L'enquête officielle, diligentée par les autorités allemandes, devra déterminer la séquence exacte des événements.
Absence de cales et réactions
Parmi les observations rapportées, des internautes ayant examiné les photographies de l'avion accidenté notent qu'aucune cale n'avait été placée sous les roues du train avant. L'un d'eux suggère que leur présence aurait pu limiter les dégâts, voire empêcher la rétraction. Les cales constituent un moyen de blocage mécanique supplémentaire lors des opérations au sol.
Conséquences et dommages
À ce stade, les photographies ne permettent pas d'évaluer avec certitude l'état des moteurs. Plusieurs observateurs s'interrogent sur un possible impact des nacelles moteur avec le sol lors du basculement de l'appareil. La structure du nez et le poste de pilotage ont probablement subi des dommages significatifs. L'avion, immobilisé, fera l'objet d'une expertise approfondie avant toute éventuelle remise en service.
L'incident relance le débat sur les procédures de maintenance au sol et sur la fiabilité des systèmes de verrouillage des trains d'atterrissage des Boeing 787. L'absence de passagers à bord a évité un bilan humain plus lourd.